Alors que la question des emballages devient de plus en plus cruciale, la vente en vrac toucherait désormais 40 % des ménages acheteurs selon Nielsen.

Regroupant les professionnels du secteur, l’association Réseau Vrac estime son chiffre d’affaires à 1,2 milliard d’euros en 2019 et prévoit son triplement d’ici à 2022. Les magasins bio en représentent encore 45 % tandis que les magasins spécialisés, avec près de 400 points de vente – Day by day en tête avec 59 magasins à ce jour –, atteignent 5 %. Mais les GMS généralistes l’ont si bien adoptée dans des corners spécifiques que ces dernières pèsent désormais la moitié de ce marché.

Débutée sur des produits d’épicerie (fruits secs, céréales, riz et pâtes…), elle s’est depuis développée dans le non-alimentaire et les liquides. Dernièrement, des distributeurs ont lancé des bières ou même des cocktails (Monoprix). D’autres initiatives sont en cours de test dans les yaourts, avec Faire Bien de Danone chez Day by day, ou les fromages. Et Kellogg’s expérimente des céréales pour petit déjeuner à sa marque dans la chaîne britannique Asda.

Mais la vente en vrac ne va pas sans poser quelques problèmes d’ordre réglementaire, notamment en matière d’hygiène sur les produits sensibles, de signalement d’un signe de qualité ou de risques de fraude. Après avoir obtenu des premières avancées dans la commercialisation des huiles d’olive, Réseau Vrac attend la publication de la Loi sur l’économie circulaire qui doit apporter une définition légale de la vente en vrac en libre service (elle existe déjà en vente servie pour les artisans ou les rayons coupe). Elle devrait permettre l’usage d’un contenant réutilisable en transférant la responsabilité sanitaire du transvasement sur le consommateur, à condition qu’une information précise lui soit délivrée par le point de vente.

« La vente en vrac permet au consommateur d’acheter la dose exacte qu’il désire, sans préemballage, en recourant à un contenant réutilisable », résume Cécile Rennesson, directrice de Réseau Vrac. Cette année, l’association va chercher à favoriser le réemploi des emballages nécessaires en amont – entre les fabricants et les magasins –, ainsi qu’à communiquer davantage vers le consommateur. Elle va organiser la troisième édition du Salon du Vrac, les 25 et 26 mai, à Paris.

B. Jullien