Le service national des enquêtes de la DGCCRF a mené, entre fin 2016 et début 2018, une enquête pour contrôler la loyauté des informations relatives à l’origine des kiwis commercialisés en France. Cette investigation, diligentée à la suite d’un signalement, a conduit la DGCCRF à enquêter sur les pratiques d’une société italienne suspectée de commercialiser à des grossistes français des kiwis italiens sous une fausse « origine France ».

Ces investigations, qui se sont notamment appuyées sur des données communiquées par les douanes, ont conduit à une saisine des autorités italiennes via le réseau de coopération « Food Fraud » mis en place par la Commission européenne après l’affaire de la « viande de cheval ». Une procédure pénale a ainsi été initiée en Italie à l’encontre de cette société.

Par ailleurs, alertés par la présence régulière de résidus de produits phytosanitaires interdits en France sur des kiwis pourtant étiquetés « origine France », les enquêteurs de la DGCCRF ont procédé à plusieurs enquêtes de filières qui ont conduit à identifier sept autres entreprises ayant « francisé » des kiwis italiens.

Au total, les investigations menées par la DGCCRF ont conduit à identifier une fraude portant sur environ 15 000 t de kiwis « francisés » sur les trois dernières années, soit environ 12 % des kiwis « origine France » commercialisés sur le territoire national et un bénéfice illicite total de l’ordre de 6 M€.

L’origine France mieux valorisée

Cinquième producteur mondial de kiwi, et troisième européen, la France a récolté 67 000 tonnes de kiwis en 2015, principalement dans le Sud-Ouest qui représente 80 % de la production nationale. Majoritairement vendus à la grande distribution désireuse de proposer une « origine France » davantage sollicitée par les consommateurs, les kiwis français sont aujourd’hui fortement concurrencés par un apport massif de kiwis venus de l’étranger et notamment d’Italie. L’offre de kiwis en provenance d’Italie bénéficie en effet de prix de production plus faibles et d’un volume de production plus important (de l’ordre de 500 000 t) permettant une vente sur une plus longue période.

« Cette situation est susceptible d’inciter les grossistes-introducteurs français ou les exportateurs italiens à vendre de manière frauduleuse des produits italiens sous une fausse origine France pour deux raisons principales, indique la DGCCRF :

1) L’effet combiné d’un coût de production plus faible pour les kiwis italiens et d’un prix de vente plus élevé des kiwis français (supérieur de l’ordre de 30 c€/kg) : la francisation de kiwis italiens permet ainsi de dégager un bénéfice illicite élevé ;

2) La production italienne plus importante peut répondre à la demande des consommateurs sur une période plus longue : la francisation de kiwis italiens permet ainsi de satisfaire la demande en fin de saison, lorsque la production française n’est plus suffisante et que l’approvisionnement est tendu. »