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Mont Roucous a repensé sa logistique et réduit son empreinte carbone

Denis Bernard, directeur général de Société des Eaux de Mont Roucous. Lydie Lecarpentier

La Société des Eaux de Mont Roucous, à Lacaune (Tarn), a réduit de 80 % le nombre de passages de camions sur son site de production, économisant ainsi 50 000 km.

Nichée à mille mètres d’altitude, dans une forêt de chênes et de hêtres au sein du Parc naturel du Haut-Languedoc, la source du mont Roucous, à Lacaune (81), est exploitée depuis quarante ans. Vendue en 2001 au groupe Danone, la Société des Eaux de Mont Roucous a été reprise en 2007 par Jean-Claude Lacaze, PDG du groupe Nerios, pour redevenir entièrement indépendante. Dix ans plus tard, grâce à une intensive communication sur la qualité de son eau faiblement minéralisée, idéale pour les bébés, l’entreprise avait triplé sa production pour atteindre 152 millions de litres en 2017. Alors que les ventes progressaient de 10 % par an, la logistique s’intensifiait, multipliant les allers et retours des camions sur les petites routes de montagne.

Démarche RSE

Très attachée à l’environnement préservé dans lequel elle évolue, la Société des Eaux de Mont Roucous a mis en place, ces trois dernières années, une démarche RSE (responsabilité sociétale des entreprises) qui prend en compte la gestion des palettes qu’elle utilise pour transporter ses bouteilles d’eau, mais aussi la rotation des camions autour du site de production. En partenariat avec la société LPR La Palette Rouge, auprès de qui elle loue ses palettes depuis dix ans, et plusieurs entreprises de transport régionales et nationales, elle a élaboré un projet qui porte ses fruits. En 2017, 480 trajets à vide ont pu être évités, ce qui représente une économie de 50 000 kilomètres. L’empreinte carbone s’allège et la facture logistique aussi. « Mon souci est de réduire au maximum les départs à vide des camions quittant nos entrepôts et de limiter le nombre de véhicules sur les routes, explique Denis Bernard, directeur général de Société des Eaux du Mont Roucous. Mais je ne maîtrise que 40 % des enlèvements, le reste étant à la charge de clients qui souhaitent gérer leur flux. Les questions logistiques sont très compliquées. »

« L’usine Mont-Roucous est dans un lieu naturel, loin d’être simple d’accès pour livrer des palettes et aller charger de l’eau, confirme Hervé Fourcade, directeur commercial de LPR. Nous nous sommes mis autour de la table pour réussir à mutualiser les trajets et utiliser les mêmes camions pour monter les palettes à Lacaune et redescendre les chargements d’eau. » Autre moyen de transport qui se développe, le rail-route depuis Toulouse est choisi par certains clients de la PME. LPR s’est équipé de caisses mobiles qui, une fois remplies des bouteilles d’eau par l’entreprise, sont directement placées sur les trains de fret à Toulouse (31) pour partir vers le nord de la France.

Lisser les expéditions

« Nous devons aussi apprendre à lisser les expéditions pour pouvoir envoyer deux camions chaque semaine à un client, plutôt qu’aucun une semaine et six la semaine suivante, poursuit le directeur général. L’eau ne se périmant pas, on peut anticiper les livraisons et la stocker en dehors de nos entrepôts. Cela permettrait aussi de réduire les pics d’activité lorsqu’il fait chaud. En juillet 2017, lorsque la température a commencé à grimper, nous sommes passés de dix-sept commandes par jour à quarante. Ce qui a augmenté d’autant les camions sur les routes. »

Aujourd’hui, 80 % des poids lourds qui repartent du site sont chargés, l’objectif étant qu’aucun des 600 camions lui livrant chaque année 150 000 palettes ne reparte à vide. « Mais il ne faut pas pousser à l’extrême, il restera toujours quelques véhicules qui repartiront sans chargement, ajoute Denis Bernard. L’important est de tendre vers un résultat idéal. »

Florence Jacquemoud

Sur la voie du bas-carbone

Les pays signataires des Accords de Paris sur le climat , en 2015, se sont engagés à atteindre la neutralité carbone au cours de la deuxième moitié du xxi e siècle. La France vise, avec sa Stratégie nationale bas-carbone, à réduire de 75 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES) avant 2050, par rapport à 1990.

Cette stratégie se met en œuvre dans tous les secteurs d’activité. Pour les transports, le premier budget carbone 2015-2018 fixe à 127 Mt CO2 eq le plafond d’émission de GES. Ce maximum est établi à 110 Mt CO2 eq dans le budget carbone 2019-2023 et à 96 Mt CO2 eq, de 2024 à 2028.

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Cet article est paru dans RIA

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