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Comment les entreprises recrutent des jeunes engagés dans l’armée

Les jeunes du SMV ont passé trois mois en formation chez Novalim-Alimentec et à l’AFPMA, avec des semaines en alternance chez Barilla, Bouvard et Vandemoortele. En 2019, l’Opcalim a relancé un plan de recrutement avec le SMV pour dix nouveaux conducteurs de machine.@smta

Dans l’Ain, quinze jeunes du service militaire volontaire ont été formés pour intégrer quatre entreprises qui embauchent. Une première expérience très positive.

En 2018, Barilla, à Saint-Vulbas, dans l’Ain, a fait partie des quatre premières entreprises à participer à une opération de recrutement de jeunes engagés dans l’armée, dans le cadre du service militaire volontaire (SMV). Les recrues, âgées de 18 à 25 ans, sont accueillies à la base d’Ambérieu-en-Bugey (01), depuis octobre 2017. Le programme SMV vise « une remise dans l’emploi durable par le biais d’une formation professionnelle, scolaire et civique ». Il débute par cinq mois de remise à niveau assurée par les militaires, puis se poursuit par deux à sept mois de formation, pendant lesquels les jeunes continuent à être encadrés par l’armée, sous son tutorat.

Une approche très professionnelle

« Dès le départ, l’Opcalim a été associé au projet pour son expertise dans les besoins des entreprises, indique Elsa Goudard, conseillère en formation. L’Ain est aujourd’hui quasiment au plein emploi, avec un taux de chômage très bas et un secteur agroalimentaire en plein développement. Nous avons ainsi mis en relation les entreprises qui recrutent et le SMV, et avons assuré le suivi du dispositif à toutes les étapes. »

Quinze jeunes ont bénéficié du dispositif : neuf pour des postes d’agent logistique chez Lactalis, formés par Aftral, à Villette-d’Anthon (38), et six pour devenir conducteurs d’équipements industriels, qui ont rejoint Barilla, Bouvard et Vandemoortele.

« Nous avons eu un premier contact avec le groupe, accompagné d’un militaire, lorsqu’il est venu visiter l’entreprise pour se rendre compte de l’environnement dans lequel nous travaillons, raconte Marie-Cécile Douard, RRH chez Barilla. Cela a permis aux jeunes de confirmer ou non leur intérêt pour ce domaine d’activité. »

En juin, un job dating a ensuite été organisé dans les locaux du SMV, durant lequel les trois entreprises ont pu rencontrer chaque candidat individuellement. « Nous nous sommes alors rendu compte de l’effort de préparation remarquable qui avait été réalisé, précise la RRH. Les CV étaient clairs et précis, la tenue vestimentaire adaptée à un entretien d’embauche, la façon de se présenter était très professionnelle. Chacun avait travaillé sur son projet, pour expliquer d’où il venait, où il voulait aller et par quel chemin. Autant de points très positifs et d’informations précieuses pour une entreprise qui recrute. » Chacune a ensuite « choisi » deux candidats.

Concrétisation en entreprise

S’en sont suivis trois mois de formation assurés par Novalim-Alimentec, à Bourg-en-Bresse (01), pour le socle de base sur l’agroalimentaire, et par l’AFPMA, à Péronnas (01) pour une initiation à la conduite des machines. Tous les quinze jours, une semaine en entreprise permettait de mettre en application les apprentissages. « Pendant toute cette période, les jeunes ont été accompagnés par les militaires, qui les amenaient au centre de formation ou dans leur entreprise, et venaient les rechercher, explique Julie Lacroix-Ravanat, directrice du pôle animation & développement de Novalim-Alimentec. Les stagiaires étaient ainsi à l’heure et présents tous les jours de la semaine. L’armée a joué un rôle fondamental pour leur savoir-être. » Fin 2018, sur les six candidats, trois ont été engagés par leur entreprise. Un film sur cette expérience a été réalisé pour faire découvrir les métiers de l’agroalimentaire à de futurs candidats.

Florence Jacquemoud

Comment le programme SMV fonctionne-t-il ?

Il existe six centres SMV en France : La Rochelle (17), Ambérieu-en-Bugey (01), Brest (29), Châlons-en-Champagne (51), Brétigny-sur-Orge (91), Montigny-lès-Metz (57).

Le jeune a le statut de militaire et de demandeur d’emploi.

Il passe son permis de conduire, qui lui est délivré après la formation.

Une fois embauché, il peut rester deux mois à l’internat. L’armée l’aide à trouver un logement proche de son entreprise.

Dans l’Ain, la formation de 294 heures, qui coûte 4 400 € par stagiaire, est prise en charge par l’Opcalim, le FPSPP et le conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes, à travers une préparation opérationnelle à l’emploi (POEC).

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