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Comment le dispositif Agil’Agro facilite-t-il la mobilité des salariés ?

Laurine Le Goff, une salariée de la société GlobeExplore, a rejoint Jean Hénaff, qui connaît une activité accrue, comme opératrice de production.

Dans le Finistère Sud, quatorze entreprises expérimentent le prêt de salariés. Un dispositif qui trouve tout son sens en cette période de crise.

Augmenter l’employabilité et la mobilité des salariés, répondre aux entreprises en forte croissance qui rencontrent des difficultés de recrutement et d’attractivité, lisser les fluctuations saisonnières d’activité sans perdre ses salariés… Tels étaient les enjeux qui ont poussé la Direccte Finistère, l’Association bretonne des entreprises agroalimentaires (ABEA) et le cabinet de conseil en ressources humaines HR Consultancy Partners, à réfléchir au dispositif Agil’Agro de gestion territoriale des emplois et compétences. « L’idée de départ était d’ouvrir une nouvelle voie de recrutement faisant appel à des salariés déjà en poste à proximité, relate Charles Bardon, directeur région Ouest de HR Consultancy Partners. Nous avons aussi observé que les salariés dans les entreprises en difficulté sont souvent peu qualifiés pour aborder les mutations futures. Ils sont également confrontés à une usure psychologique et physique forte. L’objectif est, enfin, d’anticiper et de faire évoluer leurs compétences vers des postes recherchés par les entreprises en croissance, comme ceux de conducteurs de machines. Pour favoriser leur reconversion et sécuriser leur parcours professionnel. » Pour le consultant, la mobilité est d’ailleurs plus un problème d’accompagnement que juridique. L’enjeu est ici de s’assurer que la compétence du salarié est suffisante et de l’accompagner dans sa nouvelle entreprise.

Développer l’employabilité

Lancé en octobre dernier, Agil’Agro est un dispositif expérimental qui doit s’achever fin 2022. Il s’appuie sur des partenaires et financeurs que sont l’État, la Région Bretagne, l’ABEA, Opcalim et Pôle emploi. Après appel d’offres, le cabinet HR Consultancy Partners a été choisi pour animer l’expérimentation aux côtés du CPREFP*, porteur du dispositif avec l’ABEA. Le périmètre retenu au départ était réduit à un rayon de 30 km autour des communes de Quimper, Châteaulin et Quimperlé, dans le Finistère Sud. Déjà 14 sociétés, de toutes tailles et activités alimentaires, ont adhéré au dispositif et signé une charte avec les partenaires sociaux. Parmi elles, on peut citer Jean Hénaff, MerAlliance, Monique Ranou, SBV ou encore Traou Mad. Des référents de chaque entreprise ont été nommés et une réunion mensuelle du collectif est prévue. Pour chacune des sociétés, un diagnostic RH est organisé. « Il est important de valider les référentiels communs chez chaque entreprise adhérente. Par exemple, dans le contexte actuel, s’assurer que les règles de sécurité sont identiques et respectées », poursuit Charles Bardon. Les salariés ont été ensuite informés du dispositif Agil’Agro et pourront bénéficier, sur la base du volontariat, d’un diagnostic d’employabilité financé par le collectif. Des parcours qualifiants sont possibles pour le salarié. Il sera aussi accompagné lors de sa mobilité.

« La crise actuelle donne tout son sens à ce dispositif », poursuit le consultant. Le collectif, à ce jour, comprend surtout des entreprises demandeuses car travaillant avec la GMS. « Nous étudions la possibilité d’élargir le projet à d’autres territoires en Bretagne, notamment l’Ille-et-Vilaine. Beaucoup d’entreprises, qui étaient, avant la crise, en pénurie de main-d’œuvre nous contactent pour prêter leurs salariés et ainsi pérenniser leurs emplois ».

Agnès Boiron

* CPREFP : Co5mmission paritaire régionale de l’emploi et de la formation professionnelle pour le secteur alimentaire.

Quel encadrement juridique ?

L’adhésion à Agil’Agro est encadrée par la signature d’une charte, la désignation d’un ou deux référents par site et le paiement d’une contribution, suivant une convention établie avec l’ABEA, les entreprises et les partenaires sociaux.

L’entreprise « prête » temporairement un salarié volontaire à une autre entreprise, dite « utilisatrice », pour la mise en œuvre d’une compétence ou d’une technicité spécifique de ce salarié. Cette mise à disposition est régie par l’article L.8241-2 du Code du travail, avec la conclusion d’une convention entre les deux entreprises concernées. L’entreprise d’origine reste le seul employeur du salarié mis à disposition. Elle continue à rémunérer le salarié et refacture à l’entreprise utilisatrice, sans profit.

Un avenant au contrat de travail du salarié est ajouté. La mise à disposition est d’une durée minimum de quatre semaines, avec une période probatoire possible. L’entreprise d’accueil est responsable, pendant la durée de la mission, du salarié et des conditions d’exécution du travail.

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