ria
S'abonner
Imprimer Envoyer par mail Commenter

Comment Bigard utilise la préparation opérationnelle à l’emploi pour recruter

Le site Bigard de Flixecourt compte aujourd’hui 300 salariés et devrait atteindre les 400 d’ici à trois ans.Teddy Henin

Dans son usine de Flixecourt, dans la Somme, le groupe vient de tester une nouvelle méthode qui repose sur une formation en conditions réelles, dans une mini-entreprise reconstituée.

«Notre usine est en plein développement, ce qui nous amène à recruter entre trente et quarante nouveaux collaborateurs chaque année, explique Frédéric Savary, directeur du site Bigard de Flixecourt, dans la Somme. Notre effectif était de 90 salariés il y a dix ans, il est passé aujourd’hui à 300 et devrait monter à 400 d’ici à trois ans. Nous recrutons surtout des conducteurs de machine, agents de maintenance et responsables de production. »

Le site de Flixecourt ayant du mal à trouver ce type de profils, son directeur a accepté l’offre d’Opcalim (1) de tester le nouveau dispositif POE (préparation opérationnelle à l’emploi). « Le premier test que nous avons conduit fin 2018-début 2019 a été très positif. Sur les onze stagiaires retenus, dix ont intégré nos équipes, indique-t-il. Ce dispositif de recrutement est, à ce jour, le plus efficace. »

Une mini-entreprise reconstituée

Initié par Opcalim, en partenariat avec Pôle emploi et Agro-Sphères (2), ce dispositif propose de recruter « autrement » les futurs opérateurs. « Il s’agit cette fois de former les candidats au savoir-être, précise Martine Villain, responsable RH du site. Nous avons sélectionné les candidats au cours d’une réunion à laquelle participaient une centaine de personnes repérées dans le vivier de Pôle emploi et de la mission locale. Les stagiaires ont suivi une formation de 300 heures à temps plein, dans une mini-entreprise de production reconstituée chez un prestataire, Nemos, à Abbeville (80). Ils ont appris à respecter les horaires, les hommes et les machines. Ils ont joué tour à tour le rôle d’opérateur, de responsable de production, de patron et ont appris à écouter, communiquer, faire par eux-mêmes, planifier, organiser… » Cette première phase s’est poursuivie par cent heures de formation en immersion dans une entreprise, en l’occurrence Bigard et Lactinov. L’accompagnement sur le plan technique au métier se fait ensuite, une fois les stagiaires recrutés.

Une meilleure intégration

Le coût des 300 heures de formation, de 15 €/h par personne, est assumé par Opcalim. L’entreprise n’a en charge que les cent heures d’immersion chez elle. « Cette nouvelle formule facilite l’intégration dans l’entreprise, ajoute Frédéric Savary. Les nouveaux collaborateurs arrivent tous le même jour et forment une promotion, ce qui crée une dynamique très positive. »

« Nous sommes ouverts à toutes les initiatives qui peuvent faciliter le recrutement dans les différents bassins d’emploi, souligne Marion Durand, responsable du développement des RH pour le groupe Bigard, qui emploie 14 700 salariés dans 54 établissements en France. Nous avons aussi une politique groupe, avec des outils groupe. Par exemple, les opérateurs débutent leur parcours en contrat de professionnalisation, appelé le Pass Ifria. C’est le cas des personnes qui ont été recrutées dans le cadre du POE dans la Somme.

« Une fois ce Pass acquis, ils poursuivent leur parcours en CDI. Nous étions jusqu’à présent très professionnels dans le suivi des personnes recrutées, avec le Pass Ifria et le contrat de qualification professionnelle, remarque Martine Villain. Avec ce nouveau dispositif, nous professionnalisons aussi la phase de recrutement de nos futurs salariés. »

Blandine Cailliez

(1) Organisme paritaire collecteur agréé des industries alimentaires, de la coopération agricole et de l’alimentation en détail.

(2) Association des entreprises agroalimentaires des Hauts-de-France.

test
Martine Villain, responsable RH, et Frédéric Savary, DG de l’usine Bigard de Flixecourt : « C’est le dispositif de recrutement le plus efficace que nous ayons utilisé à ce jour. »
Qu’apporte la préparation opérationnelle à l’emploi ?

« Les entreprises sont souvent à la recherche du mouton à cinq pattes, estime Emmanuel Prouvost, conseiller en formation chez Opcalim. Le dispositif de préparation opérationnelle à l’emploi (POE) vise à repérer les personnes transverses, de tous âges et tous niveaux, ayant des soucis de savoir-être, qui auraient été rejetées lors d’un recrutement classique. »

« Le taux de réussite de la première session a été très élevé. Sur seize stagiaires, quatorze ont intégré l’entreprise où ils ont effectué leur immersion, les deux autres ont été recrutés par d’autres entreprises, un en CDI, l’autre en intérim. Avec les dispositifs, précédents, nous étions très satisfaits quand nous atteignions 35 % de recrutement. »

L’expérience conduite chez Bigard et Lactinov est à nouveau en cours de déploiement à Abbeville mais aussi dans quatre autres bassins d’emploi : Roye (80), Lille, Armentières et Hazebrouck (59).

Imprimer Envoyer par mail Commenter


Cet article est paru dans RIA

Sélectionné pour vous