Les consommateurs n’en démordent pas, il faut donner une seconde vie aux emballages. Les politiques l’ont bien compris et le durcissement des lois et des règles sur le recyclage est poussé à son paroxysme avec l’objectif « du 100 % ». Tous les acteurs doivent donc se plier à cette nouvelle donne, au risque, sinon, d’être lourdement stigmatisés par des activistes et par la société entière.
Bien sûr, les matériaux les plus contestés sont les plastiques. Des entreprises agroalimentaires sont déjà partie prenante de la boucle vertueuse, en rendant les emballages de leurs principaux produits plus recyclables. Certains ont même investi concrètement dans des unités de recyclage. D’autres s’imaginent qu’une « bonne » communication peut compenser des efforts a minima. Tout est bon pour faire semblant, mais attention : à quel moment le promis-juré sans lendemain sera-t-il hautement contreproductif ?

Extension des consignes

Tout ça n’entraînera pas la fin des packagings multimatériaux ou des structures complexes, très difficiles à recycler, mais chaque industriel devra être vigilant à réduire leur emploi. La Fict, par exemple, s’est mobilisée en 2015 pour la réalisation d’un guide sur l’écoconception et travaille depuis à faciliter la séparation des matières. En 2022, tous les emballages ménagers seront envoyés en unités de séparation. Cette extension des consignes va inévitablement alourdir le coût du recyclage, avec probablement une intensification des critères de bonus-malus. La redevance versée par les producteurs à Citeo a atteint en 2017 un budget de 700 millions d’euros. Pour le moment, le taux de recyclage global est de 68 %, ce qui signifie que, potentiellement, il faudra encore gérer 1,6 million de tonnes supplémentaires d’emballages, les plus difficiles à valoriser, essentiellement du plastique, de l’aluminium et divers éléments de petite taille. Ce qui explique que les usines de tri sont en phase de restructuration par une réduction du nombre de sites mais avec un gain technologique pour affiner la récupération des matières. Les fournisseurs d’emballages sont aussi largement mis à contribution pour intégrer des matières recyclées. Mais là encore, la tentation d’annoncer des emballages composés à 100 % de matière recyclée, quitte à ce qu’elle soit importée, peut être contreproductive. Ceux qui le font vraiment annoncent des taux plus modestes.

Denis Lemoine