«Il ne s’agit pas de tout internaliser. Il peut être plus avantageux d’externaliser certaines applications. Nous avons d’ailleurs à apprendre des autres et l’externalisation est toujours une bonne occasion de se challenger », tempère Jean Claudel, le directeur de la logistique de Lactalis France, sur le débat de l’internalisation ou l’externalisation de la supply chain. Le géant laitier est pourtant propriétaire de la plupart des plateformes­ qu’il utilise et son parc de véhicules répond à la moitié de ses besoins en transport.

Pas de modèle unique

« Par ordre d’importance, le taux de service, dans le respect des règles sociales et sécuritaires, arrive devant le coût », rappelle-t-il. Les flux logistiques ne suivent pas un modèle unique et certaines livraisons de fromages AOC partent directement de l’usine. Le pragmatisme est aussi de mise dans le choix des équipements des entrepôts. Pour la PME Alpina Savoie, le niveau de mécanisation est naturellement fonction du retour sur investissement et cela malgré l’attrait de la direction générale pour l’automatisation et les chariots autoguidés. « Pour le moment, l’opérateur va à l’adresse, mais nous prévoyons d’équiper l’entrepôt de chariots autoguidés qui iront prélever les palettes en hauteur », s’impatiente Jean-Philippe Lefrançois. L’adossement de l’entrepôt à l’usine a été source d’économies importantes par rapport à la solution antérieure d’un entrepôt de prestataire, même à seulement une trentaine de kilomètres.

Des prestataires à haut potentiel

Beaucoup d’industriels préfèrent confier­ leur logistique à une société extérieure. Il est vrai que les groupes logistiques ont multiplié les services. Dans le froid négatif, par exemple, la Sofrilog est non seulement en mesure de congeler et décongeler les produits à la demande, elle assure aussi des opérations de co-manufacturing et des livraisons en B to C pour le compte d’industriels ou de de distributeurs. Elle vient aussi de débuter une activité de livraison de distributeurs automatiques de plats cuisinés surgelés. Même si on peut s’interroger par la place que le e-commerce prendra à l’avenir pour l’alimentaire, FM Logistic, qui en partie sous-traite pour Carrefour à l’aide de camions tri-température, a investi dans deux sites en région parisienne dédiés à ce mode de distribution.

XPO Logistics a investi dans un entrepôt d’un nouveau type avec des robots qui transportent dans les trois dimensions des bacs de produits. « Nous envisageons une adaptation de ce système pour l’alimentaire », explique Vincent Ricci, directeur du développement de XPO.

Denis Lemoine