Depuis plusieurs mois, on assiste au déploiement du Nutri-Score et à la création d’applications liées à la nutrition. Leur développement n’en est qu’à ses débuts. D’autres suivront dans les mois, les années qui viennent, offrant de nouveaux services. Mais cela ne se fera pas sans une maîtrise des bases de données sur les produits. C’est un enjeu majeur, qui a conduit l’Ania, le FFAS, la Fondation Avril à envisager la création de Num-Alim.

Après une arrivée mouvementée, le Nutri-Score semble donc convaincre progressivement les industriels, pour lesquels il ne représente pas qu’une contrainte. « C’est même gagnant pour eux, estime Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et nutrition pour l’UFC-Que Choisir. Jusqu’à présent, ils ne pouvaient pas communiquer sur les améliorations nutritionnelles, généralement insuffisantes pour bénéficier des allégations réglementaires. Ils n’avaient ainsi aucun bénéfice à réduire le sel ou autre composant sans courir le risque de voir les consommateurs se détourner de leurs produits. Mais dès lors que le Nutri-Score s’impose et rend immédiatement visible une amélioration, cela change la donne. »

Toutefois, le Nutri-Score ne prend en compte que les aspects nutritionnels et n’inclut pas d’autres dimensions comme les additifs ou les résidus de pesticides. Or les consommateurs sont aussi en attente sur ces points, ainsi que sur l’origine des matières premières, le bio, la juste rémunération des agriculteurs…

Pour apporter ces différents niveaux d’informations, l’association Ferme France, lancée il y a un an, a créé un système de notation (sur 100) qui comporte six volets : environnement, nutrition et santé humaine, bien-être animal et conditions de travail, traçabilité, équité et contribution à l’économie française, intérêt général. Aujourd’hui, Ferme France regroupe 33 adhérents, dont huit membres fondateurs. Les premières étiquettes doivent faire leur apparition en magasin à la fin de l’année 2019 sur quatre produits : le lait, le porc, le poulet et le pain.

« Le consommateur commence à réaliser que ses achats peuvent faire bouger les lignes, commente Grégory Dubourg, fondateur de l’agence Nutrikéo. L’exemple le plus frappant de ce pouvoir est celui des œufs. Désormais, plus d’un œuf sur deux est issu d’un élevage alternatif (plein air ou bio). »

Sylvie Richard