La bien-traitance est un prérequis au développement des filières animales. Elle est définie au plan international par l’Organisation mondiale de la santé animale (voir l’encadré ci-dessous) et fait l’objet d’une réglementation spécifique en Europe. En France, l’article 515-14 du Code civil qualifie les animaux « d’êtres doués de sensibilité » mais précise que, sous réserve des lois qui les protègent, ils sont « soumis au régime des biens ». Cette bien-traitance est devenue, sous la pression médiatique d’organisations animalistes telles L214, un enjeu sociétal majeur.

Monter en gamme

Et pourtant, selon l’Ifop, seuls 41 % des Français estiment que la situation du bien-être animal est satisfaisante. Les pratiques comme la castration des porcs, l’élevage des poules en cages ou l’élimination des poussins mâles ne sont plus admises. Face à cette situation, les industriels développent des filières spécifiques : « hachés plein air », lait produit avec des vaches élevées au pâturage, porcs non castrés… qu’ils tentent de valoriser auprès des consommateurs (voir p. 22). Casino a même créé, en collaboration avec des ONG welfaristes (CIWF, LFDA, OABA), un étiquetage bien-être des poulets de chair et s’est engagé à ce que, dès 2026, 100 % de ses poulets à marque de distributeur soient étiquetés « C-Assez bien ». Au stade de l’abattage, les industriels disposent, désormais, pour chaque site, d’un responsable protection animale (RPA), chargé de faire appliquer les règles au sein de l’établissement, tant sur le volet technique (manipulation des animaux, méthodes d’étourdissement…) qu’organisationnel (modes opératoires, contrôle interne…). Des solutions techniques sont expérimentées afin de s’assurer de l’étourdissement effectif de l’animal avant sa mise à mort. Autant d’éléments qui passent par la formation des opérateurs, qui ne peut être dissociée de l’amélioration de leurs conditions de travail.

Dossier réalisé par Laurent Bénardet Isabelle Gattegno