« Carrefour a été approché, dans une démarche amicale, par le groupe Alimentation Couche-Tard pour un projet de rapprochement. Les discussions sont très préliminaires. » Avec ce bref communiqué, Carrefour a confirmé les démarches entamées par le groupe de distribution québécois qui venait d’annoncer avoir « commencé des discussions exploratoires en vue d’un potentiel rapprochement amical ».

Peu après, Alimentation Couche-Tard revenait à la charge en proposant un rachat sur la base de 20 euros par action – le cours ayant clôturé à 17,54 euros hier soir. Mais Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances, s’est invité dans les tractations en indiquant qu’il n’y était « a priori pas favorable », ouvrant ainsi la porte à un éventuel veto de l’État.

Présent en Amérique du nord, en Europe, au Moyen-Orient ou en Asie, Alimentation Couche-Tard est spécialisée dans « le commerce de l’accommodation », c’est-à-dire de proximité, avec quelque 14 200 magasins – en franchise pour environ 2 200 d’entre eux – sous l’enseigne Circle K. Cette dernière remplace progressivement celles acquises par croissance externe, à l’exclusion du Québec où demeure Couche-Tard. Le groupe a réalisé, en avril 2019, un peu plus de 59 milliards de dollars américains de chiffre d’affaires (près de 48,5 milliards d’euros).

Si l’activité de Carrefour est nettement plus importante – 80,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019 –, sa valeur boursière, 12,5 milliards hier matin, est très inférieure à celle du groupe québécois : près de 30 milliards d’euros. Les négociations risquent donc d’être ardues. Toutefois, même si l’opération n’aboutit pas, cet épisode montre que Carrefour, après avoir tourné autour de Casino, n’y est pas a priori hostile.

B. J.