L’Observatoire des prix et des marges a remis son neuvième rapport annuel au Parlement.

Côté prix, il note une croissance des prix à la production agricole de + 1,8 % entre 2019 et 2018. C’est, selon lui, à mettre en rapport avec l’évolution des prix moyens de production qui ont progressé de 1,7 % durant cette période. Les prix des produits des industries alimentaires ont légèrement moins évolué : + 1,1 %. En revanche, ceux des produits alimentaires à la consommation ont davantage augmenté : + 2,5 %, soit une inflation supérieure à l’inflation générale.

Cette moyenne masque, selon l’Observatoire, « des dynamiques contrastées » suivant les filières. Ainsi, porté par la demande chinoise en raison de la peste porcine africaine, le porc a plus fortement augmenté : + 21,3 % pour les carcasses ou, au détail, + 3 % pour le jambon cuit et + 6 % pour le rôti de porc vendu en UVCI (Unité de vente consommateur industrielle). En revanche, les tarifs ont diminué en volailles, en lien avec la baisse des céréales, ou en bovins. Si le lait de vache a repris 4 %, « plusieurs facteurs dont la loi Egalim peuvent expliquer cette progression ».

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Côté marges, les résultats du rapport ne peuvent encore s’appuyer que sur des données comptables remontant à 2018. Il calcule néanmoins que, pour l’ensemble des rayons frais, la marge nette en grande distribution a alors reculé de 2,2 % à 1,8 %, avant impôt. Les viandes restent bénéficiaires, 4,6 % en moyenne, grâce aux volailles (8,6 %) ou aux charcuteries (8,5 %). Mais le rayon boucherie reste déficitaire (- 1,4 %) de même que la boulangerie (- 1,1 %), pénalisée par des frais de main-d’œuvre importants.

On remarquera qu’à l’exception des produits laitiers, l’Observatoire fait peu mention de l’impact de la loi Egalim. « Je ne vois pas de rupture majeure. C’est encore trop récent car les décrets sont intervenus seulement dans le courant de l’année 2019. Sur les produits que nous suivons, nous observons une certaine augmentation des prix, mais c’est trop tôt pour regarder l’arbitrage entre la marge brute des industriels et la marge brute de la grande distribution. D’autant plus qu’elles subissent des variations assez fortes en général », estime Philippe Chalmin, son président relayé par nos confrères de « La France Agricole ». Dans son avant-propos au rapport, il regrette au passage « la notable exception de l’industrie laitière dont la participation aux travaux de l’Observatoire reste fort limitée ».

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