Tereos a enregistré une perte nette de 212 millions d’euros (hors éléments exceptionnels) au cours de son exercice 2018-2019, contre un résultat net négatif de 23 millions l’année précédente. Son chiffre d’affaires diminue de près de 7 %, à 4,438 milliards en raison de la baisse du prix du sucre, qui cause également une chute de 320 millions de l’Ebitda ajusté, à 275 millions d’euros. Si le groupe atténue l’effet de la crise sucrière grâce à ses diversifications (amidons et produits sucrants, notamment), il n’envisage pas de restructuration au sein de ses sucreries pour l’instant. Et confirme « une éventuelle ouverture du capital de ses activités industrielles à un horizon de deux ou trois ans ».

Pour la première fois de son histoire, le groupe coopératif sucrier Cristal Union a annoncé un résultat net négatif de 99 millions d’euros. Avec un chiffre d’affaires en chute de 16 %, à 1,7 milliard, son Ebitda a fondu de 170 à 10 millions d’euros en 2018 en raison d’un différentiel de 168 millions sur le prix du sucre. La production en hausse incontrôlée en Thaïlande et en Inde a gonflé les stocks mondiaux, empêchant la reprise espérée des cours. « Il est hors de question que nous restions en pertes, notre obligation est de rémunérer et de pérenniser la production de betteraves de nos adhérents », affirme Olivier de Bohan, son président.

Conséquence : « À 250 000 tonnes contre 300 000 à 400 000 tonnes pour nos concurrents principaux, la taille moyenne de nos usines devient insuffisante », estime Alain Commissaire, directeur général du groupe, qui justifie ainsi les projets de fermeture récemment annoncés. « Il ne s’agit pas d’abandonner des productions, mais de rendre nos outils plus performants », ajoute-t-il.

Alors que la sucrerie de Bourdon, dans le Puy-de-Dôme, sera soit fermée, soit reprise par les planteurs, ceux de la sucrerie de Toury, en Eure-et-Loir, continueront d’approvisionner les sites de Pithiviers-le-Vieil et de Corbeilles, dans le Loiret. Et Cristal Union se propose même de reprendre entre 30 et 50 % des betteraves livrées à Eppeville, dans la Somme – une des deux sucreries que Südzucker entend arrêter – dans son usine de Sainte-Émilie, à Villers-Faucon, dans le même département. Objectif : allonger la durée de campagne de ces trois sites à 120 ou 130 jours.

Enfin, le groupe précise que la marque Erstein va être prochainement rénovée. Alors qu’il avait émis l’hypothèse de mener des opérations de croissance externe, on apprend qu’une initiative semble avoir été bloquée par Bruxelles et qu’un accord avec American Sugar, très présent au Royaume-Uni, a été empêché par le Brexit. Pour la prochaine campagne, Cristal Union table sur une reprise de la production, malgré une baisse des surfaces de 7 %, tout en espérant des rendements moins désastreux que la campagne précédente.

Benoît Jullien