Succédant à Jean-Philippe Girard qui a assuré deux mandats, Richard Girardot a été élu président de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania). Ce pur produit de Nestlé (Nestlé Waters, Nespresso, Nestlé France…) marque le retour des grands groupes à la tête de l’association après plusieurs années où elle fut menée par un dirigeant de PME, Eurogerm en l’occurrence.

Outre cette différence de culture entrepreneuriale, cette succession devrait être marquée par un changement important dans la forme. Souvent d’un abord plus rugueux que son prédécesseur, le nouveau président s’était déjà signalé par des positions très tranchées vis-à-vis de la grande distribution, n’hésitant pas à prendre à partie Michel-Édouard Leclerc, sans doute avec l’approbation de sa maison mère suisse.

Fêtant ses cinquante ans dans quelques jours, l’Ania reste toutefois toujours confrontée aux mêmes défis : combattre la suspicion croissante de l’opinion et des médias grand public à l’égard des industries agroalimentaires, restaurer les marges de ses entreprises en rééquilibrant les relations commerciales, renforcer le dynamisme des PME, redonner de l’attractivité aux métiers du secteur ou, encore, relancer des exportations insuffisamment conquérantes.

Nul doute que Richard Girardot ne tardera pas à préciser ses axes d’actions et à s’entourer d’une équipe de membres propre à tenter de répondre à ces défis. À noter que l’Ania vient de renouveler son partenariat stratégique avec AG2R La Mondiale, d’en signer un autre avec Mérieux Nutrisciences sur l’analyse des risques alimentaires émergents et des outils de gestion de crises sanitaires ainsi que d’annoncer – de concert avec Coop de France, la FCD, la Feef et Greenflex – le renforcement des fonctionnalités de la plateforme d’autoévaluation Valorise pour simplifier les échanges RSE entre fournisseurs et distributeurs.