Didier Guillaume et Agnès Pannier-Runacher ont réuni hier les représentants des transformateurs de la filière porcine et des distributeurs afin de dresser un bilan des renégociations tarifaires en cours dans la filière du fait d’une augmentation significative du prix du porc ces dernières semaines (voir les indices d’évolution des cours des pièces de découpe dans notre rubrique matières premières).

Cette réunion a permis, selon les ministres, de constater que, « dans la majorité des cas, les contrats ont effectivement fait l’objet d’une renégociation qui s’est traduite par une revalorisation des tarifs au bénéfice des transformateurs, comme l’a notamment souligné le médiateur des relations commerciales agricoles ».

Les ministres ont pris note des points d’attention exprimés par la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viande (Fict) concernant le niveau des hausses accordées aux transformateurs, qui doivent être suffisantes pour prendre en compte l’évolution des cours, et le fait que ces hausses doivent couvrir l’ensemble des produits transformés.

Ils ont également pris note du fait que les distributeurs ont indiqué être disposés à procéder à de nouvelles renégociations si celles-ci s’avèrent nécessaires à l’avenir.

Didier Guillaume et Agnès Pannier-Runacher ont encouragé les acteurs économiques à « poursuivre le dialogue constructif qui a été engagé mais restent vigilants sur l’évolution de la situation des transformateurs et sur les mécanismes de révision de prix qui pourront être mis en place ».

Une prise en compte partielle des hausses des cours du porc

De son côté, la Fict, dans un communiqué du 9 juillet dernier, se félicitait de l’évolution favorable des renégociations des tarifs entre entreprises de charcuterie et leurs clients distributeurs suite à l’augmentation brutale des cours du porc. »

Ainsi, le bilan des renégociations effectué par la FICT auprès de ses membres, arrêté au 8 juillet 2019, indiquait que 80% des renégociations en cours ont fait l’objet d’un accord signé. Toutes les enseignes de GMS avaient « réagi positivement avec des nuances en matière de calendrier des discussions et de prise en compte totale ou trop fréquemment partielle des demandes des entreprises (85% des accords signés concernent des hausses partielles) ».

En matière de réactivité, une enseigne s’est, selon la Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viande, distinguée dès le début des demandes, il s’agit d’Intermarché qui a rapidement mis en oeuvre des renégociations constructives dans le cadre de son positionnement « Producteurs et commerçants ». « En communiquant au tout début de la crise sa position conforme à l’esprit de la loi EGAlim, elle a amorcé ce mouvement de soutien à l’industrie charcutière française, estime la fédération professionnelle. Toutes les autres enseignes ont maintenant joué le jeu, sauvant ainsi de nombreuses PME d’une possible faillite ».

La Fict indique, par ailleurs, soutenir fortement la proposition du médiateur relative à l’instauration d’un mécanisme permanent de révision à la hausse ou à la baisse des contrats sur la base des fluctuations du coût des matières premières utilisées par les entreprises.