Après avoir répondu, fin 2017, à l’appel présidentiel des états généraux de l’alimentation, le plan de filière France Terre de lait boucle sa deuxième année d’existence. Thierry Roquefeuil, président du Cniel (Centre national interprofessionnel de l’économie laitière), se félicite de ses premières concrétisations. Avec la création d’un collège distribution et restauration, « nous regroupons vraiment l’ensemble de la filière », se félicite-t-il. Outre la FCD et les syndicats de la restauration, ce collège intègre les artisans crémiers-fromagers ainsi que Leclerc et Intermarché (via la FCA).

« Alors que la filière lait subit un retard de valorisation par rapport à l’ensemble de l’alimentation, nous développons ainsi une stratégie collective ambitieuse », explique Caroline Le Poultier, directrice générale du Cniel. L’interprofession a déjà pu mettre au point de nouveaux indicateurs économiques, validés depuis par la Commission européenne, afin de favoriser des relations commerciales plus équilibrées. Grâce aux accords signés entre producteurs, industriels et distributeurs, « la filière a été citée en exemple en 2019 et cela se poursuivra en 2020 », estime Marc Delage, directeur de la catégorie chez Carrefour, représentant le collège distribution.

En outre, la filière va s’engager progressivement d’ici à 2025 sur quatre axes : économique avec les initiatives précédentes (et d’autres), mais également sanitaire, alimentaire et environnemental. Quelques exemples concrets : 100 % du lait seront à terme testés (analyse systématique aux antibiotiques à la sortie de l’élevage) ; l’empreinte carbone devra être réduite de 17 % en sortie usine ; et des outils de diagnostic, avec seize indicateurs, sont en cours de développement pour le bien-être animal.

Enfin, l’approche consommateurs va être renouvelée avec un approfondissement de la segmentation de l’offre. Au-delà de la valorisation des terroirs (IGP, AOP, proximité…), celle de produits bio devrait être doublée en cinq ans, si la demande le permet. Un cahier des charges non-OGM est en cours de validation. Et un référentiel sur le pâturage est mis à la disposition des opérateurs proposant pour l’appellation « lait de pâturage » un minimum de 120 jours par an, de six heures par jour, sur une surface de 10 ares par vache.

L’objectif est d’allier ainsi les deux grands piliers des EGA – économique et qualitatif – selon Thierry Roquefeuil qui résume : « meilleur on est au niveau environnemental, meilleur on sera au niveau économique ». L’interprofession laitière va lancer une campagne d’information à destination des professionnels à partir de la fin de ce mois jusqu’à la tenue du Salon de l’Agriculture qui ouvrira ses portes le 21 février, avec notamment un film institutionnel mis en ligne sur Internet et les réseaux sociaux. Ensuite, une communication prendra le relais à destination du grand public.

B. J.