Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et Delphine Gény-Stephann, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, ont réuni les acteurs des filières vendredi dernier pour leur « rappeler les engagements pris au cours des états généraux de l’alimentation ». Ils observent « une application inégale de la charte » et « l’existence de marges de progrès dans la conduite des négociations ». D’autres n’ont pas cette pudeur…

« Rien n’a changé dans les box des négociations », déplore l’Ania, pointant toujours des demandes de déflation « massives » et des signalements de mauvaises pratiques « encore plus nombreux que l’année dernière ». De son côté, la FNSEA dresse un « constat d’impasse », tandis que l’Ilec stigmatise des « comportements illicites » et des baisses de prix réclamées par la grande distribution dans « 85 % des cas ». Dans son blog, le patron de Nestlé France, Richard Girardot, cite certaines promotions extrêmement agressives et interpelle les pouvoirs publics : « c’est qui le patron ? ». Plus mesurée, Coop de France en appelle à « sortir des déceptions actuelles ». En face, la FCD rétorque que la distribution doit au contraire affronter des augmentations tarifaires, parfois injustifiées, tandis que Michel-Edouard Leclerc reste pour le moment très discret.

De fait, le gouvernement promet que « la DGCCRF va maintenir une pression de contrôle élevée et sanctionner les pratiques abusives constatées ». Et, surtout, qu’un projet de loi va être présenté en conseil des ministres mercredi prochain. Comme prévu, ce dernier devra instituer une meilleure prise en compte des coûts de production de l’amont, le « transfert en cascade des indicateurs tout au long de la chaîne », l’augmentation du seuil de revente à perte, l’encadrement des promotions alimentaires…