Les consommateurs garderont-ils les habitudes prises durant la crise de la Covid-19 ? C’est en tout cas ce dont rêvent sans doute tous les fabricants de produits surgelés. « Si, les premières semaines du confinement ont joué en faveur des conserves stockées en masse par les Français, ces derniers ont davantage puisé dans leurs réserves de produits surgelés par la suite », note Nielsen. Semaine après semaine, les surgelés salés conservent en effet une progression de 30 % environ en GMS tandis que les « freezer centers », Picard, en tête connaîtraient une croissance de 28 %.

Ils dament même le pion aux rayons réfrigérés qui les surpassaient depuis longtemps. Ainsi, Nielsen observe que les cordons-bleus surgelés connaissent une croissance 2,5 fois plus élevée que ceux du rayon frais ou que les viandes surgelées progressent deux fois plus vite que celles vendues en boucherie libre-service. Les pizzas surgelées augmentent de 21 % quand les pizzas fraîches progressent de seulement 4 %.

Le rayon grand froid était moribond depuis longtemps. Selon Nielsen, son chiffre d’affaires a même régressé de 1 % durant les neuf dernières années. Après avoir été délaissé progressivement par Nestlé, Unilever ou Danone, puis plombé par la crise du « horsegate », il reste animé par Findus - la seule marque généraliste spécialisée qui va d’ailleurs bientôt annoncer le lancement d’une gamme végétale, Green Cuisine -, Marie (LDC) ou des spécialistes comme Bonduelle, McCain ou Charal.

Pourtant, « le rebond du rayon n’est pas encore garanti pour l’avenir », avertit Nielsen. Selon Daniel Ducrocq, directeur des services à la distribution du paneliste, « cela dépendra surtout de la fréquence à laquelle les consommateurs se rendront en magasin. Si elle reste en deçà de l’avant-confinement, la reprise des surgelés sera durable, ce qui pourrait inciter les hypermarchés et les supermarchés à leur accorder plus de surface ».

B. J.