« Tous les voyants sont au rouge ». C’est avec ce message alarmant que Culture Viande annonçait son assemblée générale, qui se tenait mardi 24 septembre en présence de son président, Jean-Paul Bigard (notre photo). Dans la filière bovine, le secteur de l’abattage-découpe a connu en 2018 un résultat « historiquement bas », ses entreprises n’ayant généré que 0,3 % de résultat courant avant impôt selon FranceAgriMer. Cette marge était encore de 2,3 % en 2014 et a inexorablement diminué depuis.

En outre, la consommation de viande bovine brute à domicile poursuit son érosion. Depuis le début de l’année, elle a baissé de 2 %, selon Kantar Worldpanel, une baisse qui n’a pas été compensée par l’évolution des produits élaborés (- 1 %), les steaks hachés représentant désormais plus de la moitié des achats des ménages.

Ce phénomène pose évidemment la question du fameux équilibre carcasse, obligeant à produire des steaks hachés avec des morceaux à plus forte valeur que les avants traditionnellement dévolus à ces produits. Résultat : leurs prix de vente mériteraient d’être revalorisés. Et l’éventuelle meilleure santé des ventes de la restauration profite en bonne partie aux viandes importées, dont les volumes ont progressé de 3 % les quatre premiers mois de l’année. « La viande française doit retrouver sa place dans tous les circuits et, notamment, dans la restauration », réclame Culture Viande.

Le sort des autres viandes de boucherie n’est pas plus enviable en GMS : - 5,7 % pour le veau et - 6,8 % pour l’agneau. Culture Viande attribue leur descente aux enfers à une « perte de professionnalisme en rayon » et rappelle que « le rôle des bouchers reste essentiel pour pallier la baisse de la consommation pour toutes les viandes ».

Quant au porc, à la baisse des volumes de 4,3 % s’ajoute la hausse des cours causée par la peste porcine africaine que les opérateurs peinent à répercuter à l’aval.

B. J.