« Notre groupe est devenu un leader européen, se félicite Denis Lambert, président du directoire de LDC. Il va bientôt dépasser les quatre milliards d’euros de chiffre d’affaires. » Pour son exercice 2017-2018, LDC a réalisé 3,827 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 6,9 % (et de 5,4 % à périmètre et changes constants, sans l’intégration de Lionor notamment). Sa marge opérationnelle courante s’est maintenue à 4,8 % des ventes, contre 4,9 % l’exercice précédent. Et son résultat net, de 140 millions d’euros, a augmenté de 8 %. Des résultats « supérieurs aux attentes », selon Denis Lambert, qui se réjouit d’avoir pu compenser les onze millions qu’a coûtés la hausse du prix des matières premières à la branche traiteur par la gestion des tarifs et la réduction de la politique promotionnelle.

Après les grandes opérations menées en 2009 (Arrivé, Marie), le groupe commence à renouer avec la croissance externe. Ses récentes opérations lui apportent déjà environ 210 millions d’euros de chiffre d’affaires additionnel.

Il se développe dans le canard avec les reprises en cours de Favreau et de Couthouis Péridy, en Vendée, qui cumulent 71 millions d’euros de chiffre d’affaires. Augmentant ses capacités de 50 % dans le canard de Barbarie, LDC va ainsi contrôler 35 % du marché français.

Par ailleurs, LDC a, enfin, trouvé une nouvelle cible à l’international en reprenant le hongrois Tranzit, dont il laissera la famille fondatrice aux commandes avec 30 % du capital. Réalisant 108 millions d’euros de chiffre d’affaires avec 20 millions d’Ebitda, l’entreprise lui offre des opportunités de développement à l’export ainsi que dans les produits élaborés de volailles en Hongrie. Elle dispose en effet de 40 % du marché hongrois du canard et exporte 60 % de ses ventes, vers l’Allemagne notamment (c’est pourquoi l’opération est soumise à l’approbation de l’autorité de la concurrence allemande).

Enfin, en menant le nouveau sauvetage de Doux – « Nnous ne pouvions pas être absents de sa reconstruction » –, LDC se dote avec l’usine finistérienne de Quimper, rentable au demeurant, de nouveaux moyens dans l’exportation de produits élaborés de volailles. Ils représentent déjà 80 % des 30 millions d’euros de chiffre d’affaires du site et seront commercialisés sous la marque Doux, devenue propriété de LDC en dehors du golfe Persique où le saoudien Al Munajem en détient les droits. Et la nouvelle usine « ultramoderne » qu’il va construire à Châteaulin, toujours dans le Finistère, lui apportera d’ici à deux ans de nouvelles capacités dans les PAI, alors que ses deux sites spécialisés sont déjà parvenus à saturation.

Ainsi, LDC dope deux de ses activités où se situent ses plus forts relais de croissance : l’export et les PAI (avec, pour ces derniers, l’ambition renouvelée de contrer les importations). Reste la branche traiteur qui vient de dépasser les 600 millions d’euros de chiffre d’affaires. « Nous sommes convaincus que le territoire de Marie est extensible », assure Denis Lambert.

Les investissements industriels vont être portés de 181 millions d’euros l’exercice précédent à 220 millions. Outre les travaux menés chez Doux, ils porteront notamment sur les outils sarthois historiques de volailles jusqu’en 2020. Des travaux sont également en cours dans les usines Agis spécialisées dans le traiteur pour les rayons coupe : développement d’une nouvelle gamme de plats cuisinés sans pasteurisation à DLC courte à Avignon, dans le Vaucluse, et élargissement de la gamme asiatique avec des assiettes crues produites en salle blanche à Herbignac, en Loire-Atlantique. Le budget publicitaire passe de 15,5 à 17 millions d’euros, dont 9,5 pour la volaille, 6 pour Marie (logiquement surreprésentée) et, fait assez nouveau, 1,5 à l’international.

Notons enfin que Sofiprotéol a souscrit une augmentation de capital de 30 millions d’euros, en contrepartie de la cession de sa participation résiduelle dans SBV, issue de la reprise des actifs volailles du groupe Glon. Ainsi, le pôle financier du groupe Avril se retrouve au final avec une participation inférieure à 5 %. Les quatre familles actionnaires détiennent environ 72 % du capital, aux côtés de la Cafel (Coopérative agricole des fermiers de Loué), 9,7 %, l’essentiel du solde, un peu plus de 18 % avec l’actionnariat salarié, étant au flottant.