On a d’abord découvert chez Leclerc que des produits infantiles sortis de l’usine de Lactalis, qui auraient dû être retirés, étaient encore vendus jusqu’en fin de semaine dernière. Depuis, des erreurs similaires ont été détectées chez Intermarché, Auchan, Cora, Système U, Carrefour ou Casino, c’est-à-dire la quasi-intégralité de la grande distribution, sans parler de quelques pharmacies, crèches ou hôpitaux.

Leclerc, le premier alerté par une cliente, a pu identifier l’achat de 984 produits par 782 clients, devant contacter ces derniers pour récupérer ces produits. 602 acheteurs avaient été retrouvés mercredi, notamment grâce à l’usage de leur carte de fidélité. Quant aux autres, Leclerc tente de les joindre via le GIE Cartes bancaires ou leurs banques, sachant que certains ramènent d’eux-mêmes les boîtes incriminées.

« Je ne peux que constater et confirmer l’existence de défaillances dans les opérations de retrait effectuées par certains magasins de notre enseigne », a reconnu Michel-Edouard Leclerc qui s’en dit « atterré », allant jusqu’à parler de « bug inadmissible ». La cause proviendrait de la saturation de deux systèmes d’information parallèles. Le patron du groupement va « exiger une remise à plat complète de nos processus, afin que cela ne se reproduise plus ».

Hier matin, pareille mésaventure était observée chez Intermarché dont le patron, Thierry Cotillard, décidait alors d’arrêter toute commercialisation de la marque Milumel. La plupart des autres enseignes ont suivi, Auchan reconnaissant 52 produits ayant échappé à sa vigilance, Système U 384, Carrefour 434, Casino 352… Bien que tous confessent leur erreur, certains distributeurs semblent en rejeter la faute sur Lactalis et sa gestion de crise. Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a de son côté parlé d’une « entreprise défaillante » en fin de matinée.

Tandis que Stéphane Travert, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, fustigeait un « dysfonctionnement majeur », Bruno Le Maire a convoqué les grands distributeurs ce soir, à Bercy, et la direction de Lactalis demain matin. Il a, par ailleurs, diligenté des contrôles supplémentaires dans les magasins. Enfin, Lactalis a mis en place, depuis lundi, un dispositif de chômage partiel pour 250 salariés de son usine de Craon (Mayenne).