Pour la troisième année de suite en 2017, la consommation de charcuteries a reculé de 0,6 % en volume, bien qu’elle profite au moins partiellement de la montée en gamme qui traverse l’alimentation. Si elle s’avère moins touchée que la consommation de viandes de boucherie, sa situation reste fragilisée, non seulement par la tendance flexitarienne – si ce n’est végane –, mais aussi par les polémiques assez – voire très – violentes nées de la cancérogénicité possible de ces produits, ainsi que le recours aux nitrites. Les entreprises du secteur voient leur situation économique se dégrader encore, d’autant que le renchérissement des matières premières l’an dernier s’est encore plus heurté à la dureté des négociations commerciales avec la grande distribution.

La Fict estime que plus d’une entreprise sur cinq est déficitaire : « Certaines risquent de mettre bientôt la clé sous la porte ou d’être contraintes de chercher des repreneurs », s’inquiète Bernard Vallat, son nouveau président depuis un peu moins d’un an. Pour tenter de relancer le secteur, la Fict est en train de mettre en place un plan d’actions selon trois axes.

Premièrement, elle entend modifier la communication du secteur. Tout d’abord en axant son message sur un dialogue entre les salariés de ses entreprises et le consommateur afin de tisser un lien nouveau. Ensuite en proposant une nouvelle façon de consommer les charcuteries, avec des portions étudiées et en combinaison avec d’autres types d’aliments afin de construire des repas équilibrés. « Il s’agit d’entourer la charcuterie des aliments qui feront que les repas seront propices à la santé », explique Bernard Vallat.

Deuxièmement, la fédération poursuit son appui aux exportations – un point faible des charcuteries françaises – en déterminant des pays prioritaires où vont être créés, d’ici à la fin de l’année, des postes permanents afin de mutualiser les efforts des entreprises. Réciproquement, les pays tiers devront visiter les établissements candidats afin de leur délivrer un agrément sanitaire. « Nos produits subissent de plus fortes contraintes de coûts et de réglementation que certains de nos concurrents, reconnaît le président de la Fict, mais nous comptons surfer sur l’image positive de la gastronomie française. » Parmi les premières cibles, l’Asie, avec la Chine, Taïwan, le Japon, le Vietnam ou les Philippines, ainsi que l’Amérique, avec les États-Unis, le Canada et le Mexique.

Troisièmement, la R&D devra être relancée. « Nous devons aider nos entreprises à innover en adaptant leur offre à la demande sociétale », explique-t-il. Déjà, un programme de recherche va être entamé pour étudier les moyens d’annuler les effets supposés négatifs des nitrites, mais d’autres chantiers seront ouverts, sur le recyclage des emballages par exemple. La filière compte s’appuyer sur le Crédit d’impôt recherche dont peuvent bénéficier ses entreprises ainsi que sur les ressources de l’Inra et des centres techniques. En outre, elle peut miser désormais sur les liens renoués au sein d’Inaporc avec laquelle des synergies vont être mises en œuvre en termes de communication, de recherche voire, aussi, d’export.