Pour la troisième fois en cinq ans, la crise de l’Influenza aviaire a touché la filière canards à Foie Gras du Sud-Ouest. Les représentants de la filière Sud-Ouest estime qu’elle doit se préparer au retour régulier de ces virus et s’engage donc dans un accompagnement personnalisé des éleveurs pour la mise en œuvre des protections nécessaires, tout en réaffirmant « qu’il n’a jamais été question de remettre en cause les fondamentaux que les consommateurs et les citoyens plébiscitent au travers de leurs achats, à savoir : élevage de plein air et engraissement au maïs du Sud-Ouest notamment ».

« L’IGP Canard à foie gras du Sud-Ouest (Chalosse, Gascogne, Gers, Landes, Périgord, Quercy) et le label rouge certifient la filière de la région. Ces signes d’origine et de qualité sont régis par des cahiers des charges certifiant le respect de l’élevage en plein air et l’engraissement au maïs du Sud-Ouest. Il s’agit des deux piliers caractérisant le mode de production historique et traditionnel du Sud-Ouest, de la Gascogne, du Gers, des Landes, du Périgord ou du Quercy. Cependant, en cas de risque avéré d’Influenza aviaire, le bon sens et les données scientifiques actuelles commandent un certain nombre de leviers de maitrise de la propagation du virus, dont la mise à l’abri des animaux, la restriction de l’accès à l’eau et à l’aliment aux oiseaux sauvages, la réduction les densités sur les territoires à risque, le renforcement la biosécurité des élevages et des interventions extérieures, etc. », indique l’IGP Foie gras du Sud-Ouest.

Maîtriser la propagation du virus

Afin de permettre aux éleveurs de mettre en place les leviers de maitrise de la propagation du virus, l’IGP Foie gras Sud-Ouest a donc décidé de créer le 9 févier un groupe de travail qui aura pour mission de leur fournir un accompagnement individualisé s’appuyant sur les principes suivants :

- La mise en œuvre de l’ensemble des leviers de maîtrise de la propagation du virus afin d’être prêts à réagir dès son arrivée ; en particulier dans les couloirs de migration et les zones de forte densité d’animaux ou d’exploitations de palmipèdes,

- La mise en œuvre d’accompagnements financiers par les pouvoirs publics et les collectivités locales afin de renforcer la biosécurité de l’ensemble des exploitations, en l’adaptant au mode de production (IGP, Label Rouge, vente à la ferme, etc...) et aux spécificités de chaque exploitation.

- La mise en œuvre des mesures d’indemnisations des opérateurs de la filière à l’occasion de cette nouvelle crise (accouveurs, fabricants d’aliments, producteurs organisations de production, entreprises de transformation, artisans et conserveurs à la ferme),

- La création d’un groupe de travail réunissant les acteurs scientifiques, l’état et les collectivités locales concernées par la production de palmipèdes et de volaille de chair, pour étudier la possibilité d’une vaccination qui permettent de protéger les animaux et d’éviter la propagation du virus,

- La mise en œuvre de moyens de lutte plus réactifs en cas d’apparition de foyers

Rencontre avec Jean Castex

Le Cifog, après avoir rencontré Jean Castex le 5 février, indique « avoir bénéficié de l’oreille attentive du Premier ministre, qui se veut rassurant sur le soutien financier de l’État pour indemniser les préjudices subis par l’ensemble de la filière et sur les délais de mises en place de ces indemnisations ».

L’interprofession a, elle aussi, réaffirmé sa détermination à défendre l’élevage en plein air, qui fait partie de l’ADN de la filière Foie Gras, tout en confirmant le devoir de mettre les animaux à l’abri en période à risque.

Elle précise : « de l’avis des scientifiques, en période à risque, la mise à l’abri de tous les animaux pour les protéger d’une contamination par les oiseaux sauvages est une nécessité temporaire et ne remet absolument pas en cause la pratique de l’élevage en plein air. Ainsi, l’accès au parcours reste une priorité, quel que soit le modèle de production ».

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