« Pour passer à une position supérieure sur notre marché, nous avions fait le choix de construire progressivement notre modèle économique sur la promotion. En gardant la maîtrise de nos tarifs, on arrivait à la transformer en effet de levier. Manque de bol ! La loi EGalim a cassé ce modèle ». Bernard Gimbert, fondateur de Gimbert Océan, interpelle donc le gouvernement.

Spécialisée dans les produits de la mer sauvages surgelés, la PME basée à Fleurance, dans le Gers, s’estime menacée par la limitation du volume des promotions instaurée par la loi EGalim. Elle a déjà été contrainte de supprimer 22 postes sur ses 88 emplois. Alors qu’elles rencontraient une croissance de 30 % en 2017 et en 2018 et, même, de 40 % au premier trimestre 2019, ses ventes ont finalement chuté de près de 30 % pour l’ensemble de l’année dernière, à 17,7 millions d’euros.

Bernard Gimbert estime avoir « atteint un point de non-retour, comme des centaines d’autres PME ». Il demande donc – y compris par voie de presse avec une pleine page de publicité – d’être exonéré de cet encadrement. L’été dernier, la DGCCRF en a offert la possibilité aux entreprises en difficulté et l’a déjà accordée à une autre PME. Cette dernière l’aurait obtenue en trois jours tandis que Gimbert, qui en a fait la demande le 7 novembre puis a été reçue à Bercy le 2 décembre, attend toujours une décision. Le gouvernement souhaiterait-il contenir au maximum ce type de demandes pour éviter de vider de son sens l’une des deux mesures phares sorties des EGA ?

Outre cette mesure d’urgence, il réclame l’arrêt « immédiat et définitif » de cette expérimentation et propose la création d’un collectif de PME pour militer dans ce sens. « Pour les marques de PME, la promotion est le seul moyen d’exister en linéaires, explique Bernard Gimbert. Les promotions ne sont pas subies par les PME mais, au contraire, pour la grande majorité d’entre elles, créatrices de valeur. » Il est donc probable que le patron de PME ne s’arrêtera pas là pour faire réviser la loi.

Désormais présidée par sa fille Hélène Gimbert, Gimbert Surgelés a été créé en 1983, puis sa marque Gimbert Océan en 1996. Elle vend également des surgelés dans vingt magasins Gel 2000 (repris avec l’enseigne en 2001) et via son réseau de livraison à domicile Bonhomme de Neige. Cette dernière activité est d’ailleurs devenue difficile. Pour 2019, Gimbert se maintiendra « tout juste » à l’équilibre grâce au bilan « historique » dégagé en 2018.

Benoît Jullien

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