OGM, glyphosate, perturbateurs endocriniens, nanoparticules… aucun de ces sujets, dont les connaissances scientifiques sont parfois encore lacunaires, n’échappe au débat public. À l’heure des réseaux sociaux, tout à chacun s’improvise généticien, agronome ou toxicologue, allant même jusqu’à propager une certaine théorie du complot. « Comme on condamnait autrefois à mort les savants qui bousculaient l’ordre établi, on jette aujourd’hui à l’opprobre public, en leur collant une étiquette de “conflit d’intérêt”, les scientifiques dont les conclusions vont à l’encontre de ce que l’on voudrait entendre », s’alarmait récemment la députée européenne (LR, PPE) Françoise Grossetête. Une « constante fabrique du doute » qui constitue, selon elle, « un danger majeur pour nos sociétés ».

Les lobbies ne se privent pas de venir perturber le jeu. L’adoption des critères de qualification des perturbateurs endocriniens en est une parfaite illustration. « Alors que les industriels tentaient, pour des raisons économiques évidentes, d’obtenir une définition aussi restreinte que possible afin qu’un minimum de composés soient interdits, les ONG environnementalistes demandaient qu’un maximum de produits de synthèse tombent sous le couperet de la réglementation, prouvant ainsi l’efficacité et le bien-fondé de leurs actions contre les lobbies et l’expertise des agences sanitaires », analyse Gérard Pascal, ancient toxicologue et membre de l’Académie d’agriculture. Or les responsables politiques ont plus que jamais besoin d’éclairer leurs décisions par la science. Il leur revient, en tenant un langage de vérité et en donnant aux agences scientifiques officielles les moyens de leur excellence, de contribuer au renforcement de leur crédibilité.