Malgré un chiffre d’affaires de 176 Mds€, en hausse de 1,5 % par rapport à 2017, le taux de marge des entreprises agroalimentaires a atteint, selon l’Ania, son niveau le plus bas depuis quarante ans, accusant une chute de huit points ces trois dernières années. « La structure financière des entreprises agroalimentaires continue de se dégrader », déplore l’association, qui pointe du doigt la guerre des prix entre distributeurs, à l’origine, selon elle, d’une perte de valeur pour la filière de 5,5 Mds€ en six ans. Et si l’Ania appelle à un meilleur respect de l’esprit des états généraux de l’alimentation et de la loi EGalim (lire p. 8), elle s’engage aussi à répondre davantage aux attentes des consommateurs. Le catalogue numérique des aliments, CodeOnline Food, en cours de création et opéré par GS1, devrait contribuer à apporter davantage de transparence sur la composition de leurs produits. Ce sera aussi le moyen pour les industriels de reprendre la main sur la digitalisation de leurs données, élément éminemment stratégique à l’ère du big data (lire p. 28).

Les fournisseurs se mobilisent aussi, de leur côté, pour accompagner les industriels dans leur processus de numérisation. Ainsi en va-t-il du jumeau numérique, une solution logicielle à même de modéliser l’ensemble de l’usine, c’est-à-dire les machines, les lignes de production et le bâtiment. Son intérêt majeur : être en capacité de simuler tout changement de format, de ligne de production ou de produit afin de gagner en efficacité et en réactivité (p. 46). Dans la même lignée, l’usine agile présentée au dernier CFIA (p. 39) aura permis aux visiteurs d’apprécier tous les bénéfices que l’interconnexion des machines pourra leur apporter dans le pilotage de leurs sites et la reconquête de la valeur ajoutée.