Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Didier Guillaume, a confirmé hier le report des ordonnances venant préciser les dispositions de la loi Alimentation sur le relèvement du SRP et l’encadrement des promotions. Mais il promet encore leur entrée en vigueur pour janvier ou février, avant la fin des négociations commerciales. C’est le mouvement des « gilets jaunes » qui occasionne ce retard, de crainte que ses revendications sur le pouvoir d’achat ne trouvent de nouveaux arguments dans la hausse possible des prix alimentaires qui pourrait en découler.

La FNSEA est, bien sûr, vent debout contre ce recul gouvernemental, alors que ces mesures ont précisément pour vocation de restaurer, au moins en partie, le revenu des agriculteurs. Dès mardi, l’Ania s’opposait aussi à ce report, estimant leur coût « imperceptible pour les consommateurs », évalué à 50 centimes par mois et par habitant. En outre, elle s’était alarmée la veille des conséquences du mouvement pour les entreprises agroalimentaires. Les pertes engendrées par les blocages pourraient atteindre 13,5 milliards d’euros pour l’ensemble du secteur.