Cristal Union a clos son exercice 2019-2020 au 31 janvier, avec un chiffre d’affaires en baisse de 6 %, à 1,594 milliard d’euros. Les surfaces betteravières cultivées par ses coopérateurs avaient diminué de 7 %, à 165 000 hectares, pour des rendements se redressant légèrement à 13 tonnes à l’hectare mais une durée de campagne diminuée de vingt-deux jours, à 103 jours, dans ses sucreries. C’est précisément pour rallonger cette durée que le groupe coopératif avait engagé une restructuration industrielle. Olivier de Bohan, président de Cristal Union, l’affirme : « afin de préparer l’avenir, nous avons su prendre les décisions qui nous ont rendu les plus compétitifs possible ».

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Cette réorganisation semble déjà commencer à porter ses fruits, avec un Ebitda passant de 10 à 63 millions d’euros, surtout grâce à son redressement au quatrième trimestre (+ 45 millions) porté par la remontée des cours du sucre. Le résultat net de Cristal Union reste négatif, - 89 millions contre - 99 millions l’exercice précédent, mais provenant pour 61 millions des frais de restructuration. En outre, le groupe a investi 65 millions pour renforcer la productivité de ses dix usines. Par exemple, le site de Corbeilles, dans le Loiret, a reçu la certification bio qui a permis de commercialiser 3 000 tonnes de sucre AB. Les surfaces qui lui sont attribuées devraient doubler à mille hectares cette année et une production d’alcool bio va être démarrée. En outre, après avoir achevé sa transition énergétique, le groupe entame une politique de décarbonation.

Pour le début de son exercice 2020-2021, le groupe, qui préfère maintenir une « dépendance limitée » aux pays tiers (13 % de ventes) pour mieux reconquérir le marché européen, a bénéficié d’une hausse de 50 % de ses ventes de sucre en grande distribution, avec des prix européens restés stables. En dehors de la zone de la sucrerie Bourdon, dans le Puy-de-Dôme, définitivement stoppée, ses surfaces engagées sont en légère progression, notamment grâce à la reprise d’une partie des productions de betteraves délaissées par Saint Louis Sucre après sa fermeture d’Eppeville, dans la Somme. Le niveau d’Ebitda porté de 40 à 50 millions d’euros par trimestre devrait se maintenir, selon Alain Commissaire, directeur général de Cristal Union.

Ce dernier confirme au passage l’analyse du quatrième sucrier européen : « il y a trop d’entreprises sur ce marché fragilisé et des rapprochements se produiront. Nous nous exprimerons à ce sujet le moment venu. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, mais il pourrait venir. Nous avons des contacts sérieux qui, je l’espère, déboucheront assez vite ».

B. Jullien