Relations commerciales : le gouvernement durcit le ton

Le 04/02/2021 à 13:30  

À la veille du comité de suivi des relations commerciales qui se tenait vendredi dernier, le gouvernement a tenté de , distribution en tête, pour influer dans les négociations commerciales qui se termineront à la fin du mois. « Les relations restent tendues », regrettait l’entourage de Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, et d’Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie. Si des efforts étaient remarqués pour les discussions menées par les centrales avec les PME, la situation s’est au contraire dégradée avec les grands groupes.

Les pouvoirs publics se disent par ailleurs attachés à « la construction du prix en marche avant » décidée lors des EGA, y compris pour les MDD. En clair, en justifiant ses demandes éventuelles de hausse de prix sur la base d’indicateurs de coûts de production. Ainsi, la hausse de ces derniers dans les filières animales (lait, viandes ou œufs) serait insuffisamment prise en compte. Réciproquement, avec des arguments précis et proposer des services sur la base de prix proportionnés.

Pour cela, la DGCCRF se dit mobilisée et promet des contrôles, notamment sur le respect de la date butoir au 28 février ou sur les pénalités logistiques qui seraient devenues « un centre de profit » pour certains distributeurs. Une enquête menée dans une centrale d’achats internationale pourrait d’ailleurs prochainement déboucher sur des sanctions. Plus généralement, on n’hésitait pas .

Le communiqué qui a résulté de la réunion du comité de suivi s’est montré plus diplomatique mais témoigne néanmoins de cette volonté de hausser le ton, notamment par comparaison avec les publications analogues . Il évoque « d’importantes divergences entre l’analyse de la situation par les transformateurs d’une part et les distributeurs d’autre part ». Et s’alarme du , en particulier pour les grands groupes. Le souci de ces derniers est assez nouveau dans la prose gouvernementale. Qui poursuit : « les ministres font part de leur incompréhension face à certains comportements qui rompent le consensus qui avait émergé des États généraux de l’Alimentation ».

Autre nouveauté, ils ont annoncé permettant de signaler « des prix constatés en magasin qui paraissent trop bas par rapport aux coûts de production ainsi que des problèmes d’étiquetage » : . À moyen terme, on attend la finalisation de la mission confiée à Serge Papin, l’ancien patron de Système U, qui propose notamment de passer de négociations annuelles à des discussions pluriannuelles.

B. Jullien

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