L’inflation s’installe dans le paysage alimentaire

Le 05/05/2022 à 10:30

Alors que l’inflation accélère, les industriels attendent toujours plus vivement des renégociations de tarifs de la part de distributeurs. Mais ces derniers veulent rassurer leurs clients quant à leur pouvoir d’achat.

La réunion du comité des négociations commerciales qui s’est tenue le 28 avril a laissé la filière agroalimentaire « inquiète », selon les termes de l’Ania et de La Coopération Agricole. « Quatre semaines après la signature de la charte d’engagement, certains distributeurs sont encore prêts à contourner son contenu sans scrupule », s’alarment-elles. « Des distributeurs jouent la montre ou ignorent les demandes de renégociations des industriels », regrettent Jean-Philippe André, président de l’Ania, et Dominique Chargé, président de La Coopération Agricole.

Neuf entreprises agroalimentaires sur dix subiraient des tensions sur leurs approvisionnements, tant pour les matières premières agricoles que pour les intrants industriels. Si, pour l’heure, l’inflation est deux fois moins importante en France que dans le reste de l’Europe, la tendance inflationniste est encore installée pour longtemps avec une hausse des coûts de production qui se perpétue.

Selon NielsenIQ, les prix alimentaires en GMS ont augmenté de 2,67 % en avril, après un démarrage en février (+ 0,52 %) et une poursuite en mars (+ 1,26 %). Par ailleurs, les ruptures se développent en magasins pour de multiples raisons : difficultés d’approvisionnement, surstockage des consommateurs… NielsenIQ en estime le manque à gagner à 851 millions d’euros pour les trois premiers mois de l’année.

Côté distribution, le souci est avant tout de rassurer les consommateurs sur la capacité des enseignes à tenir leurs prix. Ainsi, Leclerc vient de lancer un « bouclier anti-inflation » qu’il qualifie de « mesure inédite de protection du pouvoir d’achat ». Pour les 120 produits les plus achetés dans les magasins, une compensation systématique en bons d’achats sur la carte de fidélité sera accordée en cas de hausse des prix à partir d’aujourd’hui et ce, jusqu’au 31 juillet.

L’inflation n’est donc pas niée… mais tout sera fait pour la contenir. Les renégociations s’annoncent donc, au moins, aussi tendues que les négociations initiales.

B. J.

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