Jacquet Brossard fragilisé par la flambée des matières premières

Le 20/01/2022 à 9:32  

Le groupe coopératif Limagrain a profité de la présentation des résultats de son exercice 2020/2021 pour faire part de ses inquiétudes quant à sa filiale Jacquet Brossard. « Il y a le feu », s’alarme Sébastien Chauffaut, DG, en évoquant l’urgence des revalorisations tarifaires dans les grandes surfaces. « Jacquet Brossard est la société du groupe la plus exposée à la hausse du coût des matières premières », ajoute Sébastien Vidal, président de Limagrain, évoquant une hausse de 67 % pour l’huile de colza et de 29 % pour le blé l’an dernier.

« Jacquet Brossard ne gagne plus d’argent en France », déplore le dirigeant. S’inquiétant d’un affaiblissement de la souveraineté alimentaire française, le DG espère un retour à la rentabilité en 2022. « Tout dépendra de la conclusion des négociations commerciales », reconnaît Sébastien Chauffaut. « Entre 2013 et 2020, les matières premières se sont enchéries de 6 %, quand les tarifs de ventes reculaient de 6,2 %. Nous sommes arrivés au bout du bout du système », estime le dirigeant de la coopérative de Saint-Beauzire, dans le Puy-de-Dôme.

L’international propose des débouchés plus rémunérateurs aux gaufres et aux crêpes du numéro deux national de la boulangerie pâtisserie. Malheureusement, la pandémie mondiale de Covid est venue freiner les projets d’exportation et complexifier les opérations de promotion locales. Après son retrait industriel et commercial du Brésil, effectif depuis trois ans, Jacquet Brossard a en effet choisi de développer ses ventes hors de France, exclusivement à partir de ses outils existants.

L’an dernier, Jacquet Brossard a réalisé 308 millions d’euros de CA, en progression de 2,7 %, grâce au succès de son pôle boulangerie. Une extension de l’usine de pains à burger de Saint-Beauzire est d’ailleurs annoncée. D’un montant de 37 millions d’euros, elle permettra l’installation de deux nouvelles lignes de production pour répondre à des besoins capacitaires. Il s’agit de l’investissement le plus important que l’entreprise réalise depuis l’installation en 2018 d’une ligne de fabrication de gâteaux multi couches, à Pithiviers (45) (10 millions investis). La construction d’un nouveau moulin pour un montant de 24 millions est également prévue au sein du pôle Limagrain Ingrédients (158 millions d’euros de CA).

Enfin, confronté à des difficultés pédoclimatiques, le groupe préfère mettre en berne ses projets dans les protéines végétales. « Des améliorations génétiques sont nécessaires pour adapter les variétés mises en culture au contexte actuel », reconnaît Sébastien Chauffaut. Le groupe avait pris en 2020 une participation majoritaire (70 %) dans le capital de la société Nutrinat (650 000 € de CA l’an dernier), aux côtés de la coopérative Qualisol de Castelsarrasin (82) . « Nous allons attendre de réussir au champ, avant d’investir à nouveau », annonce le DG. En 2020/2021, Limagrain a réalisé 1,984 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 7,7 % en données comparables, et 91 millions d’euros de résultat net.

F.B.

Copy link
Powered by Social Snap