Interdiction de la castration à vif : l’exemple de la Cooperl

Le 09/12/2021 à 10:09  

À compter de janvier 2022, la castration à vif des porcelets sera interdite en France. Retour d’expérience avec la coopérative bretonne.

« C’est en 2008, dans le cadre d’essais conduits avec Uniporc, que nous avons étudié la possibilité de recourir à l’immuno-castration dans nos élevages, relate Mickaël Benoît, éleveur et référent bien-être animal au sein de la Cooperl. À l’époque, cette technique nous est apparue peu fiable et nous avons donc mené une veille sur les techniques d’élevage de mâles entiers chez nos voisins allemands. Durant quatre ans, les services experts du groupement de producteurs et 40 éleveurs volontaires se sont mobilisés pour adapter ces techniques à nos exploitations, moyennant un investissement de 2 M€ de la coopérative. C’est donc en 2013 que nous avons pu proposer le déploiement de ce mode d’élevage à l’ensemble de nos adhérents. »

L’adhésion a été massive car la castration à vif est, sans aucun doute, un des gestes les plus désa­gréables à réaliser pour un éleveur et, bien sûr, un traumatisme pour le porcelet.   De plus, le mâle entier dispose d’un indice de consommation favorable, occasionnant un gain d’environ 6 à 8 € par porc et les rejets en azote et phosphore sont réduits. Aujourd’hui, sur les 5,7 millions de porcs   abattus par la coopérative, 50 % sont des femelles,   42 % des mâles entiers et seulement 8 % des mâles castrés, répondant à des demandes spéci­fiques de clients, à des cahiers des charges précis tel le label rouge et, dans certains cas, au choix de l’éleveur. « Nous constatons que les animaux non castrés sont plus robustes, ce qui nous a permis de nous engager plus facilement dans la création­ de notre filière “Élevés sans antibio­tique” dès la fin du sevrage dans un premier temps, et ensuite dès la naissance », commente Mickaël Benoît.

Gestion des mâles odorants

Sur l’ensemble des mâles entiers abattus par la Cooperl, seuls 2 % sont odorants. Un taux relativement bas* obtenu notamment grâce à un gros travail sur la génétique. « Avec quatorze millions de mâles entiers commercialisés ces huit der­nières années et treize millions de consommateurs par jour achetant un produit Cooperl, nous pouvons témoigner que la problématique des mâles entiers est tout à fait gérable, commente Sophie Bertrand, responsable qualité groupe. Nous avons installé dans nos abattoirs des “nez   humains” (un à deux par ligne, selon les cadences)   qui identifient les carcasses odorantes. Celles-ci sont, prioritairement, valorisées en carcasse entière vers des marchés spécifiques ou destinées à la catégorie 3 pour transformation en matière première pour petfood. » Et d’ajouter : « Nous savons, à la Cooperl, gérer les mâles entiers non odorants pour les transformer en jambon cuit, en saucisson sec ou en jambon sec ».

Laurent Bénard


Culture Viande propose d’ajouter 2 cts/kg pour des porcs ayant subi une castration sous anesthésie

 

Conformément aux engagements pris lors de la réunion de la filière porcine le 19 octobre, en présence du ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, Culture Viande propose aux abattoirs d’acquitter aux éleveurs une plus-value de 2 cts/kg pour la prise en charge du coût de la castration des porcelets mâles sous anesthésie.

« Ce montant est supérieur à l’évaluation du coût de cette opération réalisée par l’Ifip (Institut du porc). C’est un montant total de plus de 15 millions d’euros qui sera ainsi annuellement versé aux éleveurs par les abatteurs », indique le syndicat des entreprises françaises des viandes.

Concernant la production de porcs mâles entiers :

- la rémunération des éleveurs sera conforme à la grille actuelle de qualité et classement Uniporc Ouest soit : - 23 cts/kg, sur la base de 56 % de muscle ;

- les carcasses odorantes issues de porcs mâles entiers seront à destination du C3 (sous-produits animaux non destinés à la consommation humaine), conformément à la réglementation communautaire (règlement UE 2019-627).

Source : Culture Viande

Copy link
Powered by Social Snap