De 2017 à 2018 : vers une conciliation des enjeux économiques et qualitatifs ?

Le 04/01/2018 à 15:49  

Sur le plan qualitatif plus qu’économique, 2017 aura été une année riche en événements. En ce qui concerne la sécurité sanitaire, une seconde crise d’influenza aviaire a de nouveau fragilisé la filière du foie gras, l’obligeant à investir pour se prémunir contre un risque qui semble s’installer durablement. Durant l’été, le marché de l’œuf a été déstabilisé par le scandale du fipronil, venu s’ajouter à l’abandon accéléré des œufs issus de poules pondeuses élevées en cage. L’année s’est terminée avec l’importante alerte sur les laits infantiles de Lactalis qui n’est pas terminée.

Du côté de la nutrition, l’adoption du système d’étiquetage Nutri-Score a trouvé ses partisans... et ses détracteurs (les grands groupes qui voudraient imposer leur Nutricouleurs au niveau européen). Mais c’est surtout l’essor du flexitarisme qui aura marqué 2017, avec nombre de lancements de produits végétaux qui dopent mécaniquement le marché, en attendant d’observer ultérieurement si la curiosité qu’ils suscitent se transformera en demande récurrente.

Comme souvent, la grande distribution participe largement à ces mouvements, la plupart des groupes ayant mené des initiatives pour démontrer leur souci de la bonne alimentation de leurs clients : adoption rapide du Nutri-Score chez Auchan ou Intermarché, traque aux substances controversées chez Système U, programme La Vie en bleu chez Auchan, etc. Pourtant, les relations commerciales ne s’en trouvent pas détendues pour autant, sur fond de crises agricoles et d’inflation du prix des matières premières. Les industriels restent tributaires de trésoreries délicates tandis que les distributeurs deviennent de plus en plus fébriles face à la remise en cause de leur modèle classique, notamment avec l’approche de l’ogre américain Amazon.

C’est la raison pour laquelle les états généraux de l’alimentation, initialement conçus pour porter une mutation avant tout qualitative, ont peu à peu basculé vers les enjeux économiques, avec la nécessaire revalorisation du revenu agricole en ligne de mire. L’année 2018 devrait accoucher d’une loi introduisant un redressement du seuil de revente à perte et, plus généralement, transformer en obligations les bonnes intentions signées par tous les acteurs des filières dans la charte d’engagement présentée par le gouvernement... Qui tente, précisément, de réconcilier enjeux économiques et qualitatifs.

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