Coronavirus : l’Anses répond aux questions de « RIA »

Le 26/03/2020 à 17:00  

RIA : Que pouvez-vous nous dire à propos du SARS-CoV-2 ?

Gilles Salvat  :

RIA : Y a-t-il des préconisations particulières concernant ces gestes barrières pour les IAA ?

Gilles Salvat :

Enfin, les gants peuvent être une fausse protection. Des mains propres sont préférables à des gants sales. Si on met les gants sur les ailes du nez et qu’on est porteur, on va souiller les gants puis ensuite souiller son environnement. Un individu porte, en effet, les mains au visage, jusqu’à une cinquantaine de fois par heure, près d’une fois par minute ! Et, quand on porte des gants il faut les changer souvent et se laver les mains. Mon conseil est donc le suivant : rappeler aux opérateurs que la première mesure de prévention de contamination c’est de se laver les mains. Ça implique donc de fournir suffisamment de lave-mains avec de l’eau chaude, du détergent, des essuie-mains à usage unique pour que les gens le fassent dans le meilleur des conforts. On sait que l’observance du lavage des mains, quand on revient de la pause par exemple, est nettement meilleure quand il y a de l’eau chaude que quand l’eau est glacée.

RIA : Quelles sont les mesures de désinfection à mettre en œuvre ?

Gilles Salvat :

Après il y a d’autres agents moins efficaces mais qui ont tout de même une certaine efficacité. C’est le cas du chlorure de benzalkonium entre 0,05 et 0,2 % ou de la chlorhexidine, peu utilisée en IAA. Le chlorure de benzalkonium est souvent présent dans les formulations où il y a des ammoniums quaternaires avec du glutaraldéhyde. Je n’ai pas de données sur l’efficacité du glutaraldéhyde mais, de façon générale, on sait qu’il est efficace sur les virus enveloppés, comme tous les aldéhydes en général. Pour les rampes d’escalier, les poignées de portes, notamment des toilettes, les claviers d’ordinateurs, l’application d’alcool à 70 % avec une chiffonnette imbibée, durant une minute, reste une bonne méthode. Cette désinfection est à réaliser deux fois par jour, voire plus si possible.

RIA : Et par rapport aux produits de désinfection couramment utilisés en IAA ?

Gilles Salvat :

RIA : Quelles précautions prendre pour ses salariés, notamment en termes d’EPI ?

Gilles Salvat :

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RIA : Pas partout.

Gilles Salvat :

RIA : Dans les locaux de production, peut-on conserver les mêmes méthodes de nettoyage désinfection ?

Gilles Salvat :

RIA : Et en nettoyage sec ?

Gilles Salvat :

RIA : Quid du risque de contamination par l’alimentation ?

Gilles Salvat :
un avis la semaine dernière

Concrètement, notre message est le suivant : c’est un virus qui, à ce jour, ne se transmet pas par l’alimentation. Néanmoins, on a évoqué dans notre avis que par la mastication où il existe un croisement des voies respiratoires et des voies digestives au niveau du pharynx, il n’est pas totalement exclu que des gouttelettes de salive passent dans les voies respiratoires et infectent un consommateur. Mais il faudrait d’une part que les aliments soient très contaminés par quelqu’un d’extrêmement porteur et d’autre part d’avoir cette malchance.

RIA : Et par les emballages ?

Gilles Salvat :

RIA : Est-on en capacité de gérer un retrait-rappel en période de confinement ?

Gilles Salvat :

En revanche, nos activités de référence continuent. Nous sommes donc toujours mobilisables pour confirmer la séquence d’une souche, par exemple sur une contamination alimentaire afin d’appuyer les services officiels. Beaucoup de laboratoires départementaux continuent également de fonctionner, ainsi que des labos d’analyses agroalimentaires. Il n’y a donc normalement pas de dégradation de la surveillance de l’alimentation en France. Les labos et des services d’inspection fonctionnent et les responsables qualité continuent à travailler dans les IAA. Je ne suis donc pas sûr qu’il y ait plus de difficultés pour effectuer un retrait-rappel actuellement qu’en temps ordinaire car de toutes façons – et il faut les en remercier – les salariés de la distribution continuent à mettre les produits en rayon, donc pour ce qui est du retrait rappel, nous serons bien armés.

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Propos recueillis par Laurent Bénard
(1) Gilles Salvat est directeur général délégué à la recherche à l’Anses.

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