Porc : 7 milliards d’euros à trouver pour maintenir l’autosuffisance française

Le 16/02/2026 à 9:50 par Kevin Bertin
Philippe Bizien, président d’Inaporc estime que 7 milliards d’euros d’investissements sont nécessaires d’ici 2035 pour maintenir l’autosuffisance française en viande de porc.

Alors que la consommation de viande porc progresse, la France risque d’être confrontée à la fin de son autosuffisance en raison du déclin des élevages et des entreprises de transformation. 7 milliards d’euros vont devoir être investis d’ici 2035 pour encourager les reprises.

« Tout est bon dans le cochon », dit le proverbe. Les Françaises et les Français en ont raffolé en 2025. D’après l’Institut du porc (Ifip), la consommation de porc a augmenté de 2,6 % en un an. En magasin, les achats ont progressé de 2,3 % entre novembre 2024 et novembre 2025 et en RHD, la consommation a connu une hausse de 2,8 % entre octobre 2024 et octobre 2025. Quant aux producteurs français, ils ont assuré, en 2025, une autosuffisance à hauteur de 98 %.

Mais derrière ces chiffres idylliques, les professionnels de la filière porcine française, Inaporc, ont rappelé, le 10 février 2026, le contexte menaçant cette autosuffisance. La France a perdu 25 % de ses élevages entre 2014 et 2024 et 40 % des dirigeants actuels ont plus de 55 ans et vont bientôt partir à la retraite, sans être assurés d’une reprise.

La même menace de disparition pèse sur les entreprises de charcuterie dont 40 % des patrons ont plus de 60 ans d’après la Fict (Fédération des industriels de charcuterie traiteur).

Pour relancer l’attractivité du métier et inciter à la reprise par de nouvelles générations, Inaporc a estimé que la filière devra investir 7 milliards d’euros d’ici 2035. 5 pour améliorer les bâtiments d’élevage et 2 pour moderniser les entreprises de transformation. « Nous militons également pour simplifier les procédures pesant sur les entreprises, que ce soit pour les contrôles, les obligations administratives et les demandes d’aides et de subventions. Nous demandons également des réductions de charges et qu’il n’y ait pas de transposition de la réglementation européenne », a précisé Philippe Bizien, président d’Inaporc.

Des actions que l’interprofession estime nécessaires pour « maintenir une offre à hauteur de l’enthousiasme des consommateurs ».

Kévin Bertin

Un cours du porc en chute de 10, 6 % en un an

Philippe Bizien, président d’Inaporc a rappelé que l’année 2025 avait été marquée par une dégringolade de 10,6 % du prix du porc en un an. « Cette baisse est à la fois due aux taxes anti-dumping chinoises qui ont entravé les exportations et à la fièvre porcine africaine qui ont frappé l’Europe. Les volumes non vendus ont mécaniquement entraîné la chute du cours », a-t-il souligné.

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