« Les IAA n’ont pas vu leurs marges augmenter durant l’inflation » (étude)

Le 15/01/2026 à 12:16 par Adrien Cahuzac

Selon une étude la Banque de France pour l’Ania, les marges des industriels de l’agroalimentaire sont deux fois inférieures à celles des autres industries manufacturières. Et une entreprise alimentaire sur quatre, affiche aujourd’hui un résultat dans le rouge.

Voilà de quoi tordre le cou, en ce début d’année, aux affirmations souvent répétées par les distributeurs. Non, « les entreprises de l’agroalimentaire n’ont pas vu leurs marges augmenter au cours de la période inflationniste », souligne une enquête de la Banque de France, rendue publique par l’Ania le 14 janvier. L’étude, réalisée entre 2018 et 2024 sur un échantillon de 13 533 entreprises sur les 23 000 que compte le secteur, montre que « l’industrie agroalimentaire française affiche des marges structurellement deux fois inférieures à celles des autres industries manufacturières » : la marge courante avant impôts atteint 3,8 % du chiffre d’affaires des industriels alimentaires (contre 7,1% pour l’industrie manufacturière) entre 2018 et 2024, et 3,5 % de marge nette contre 5,8 %. « Ce sont des industries à faible valeur ajoutée et la création de valeur est principalement absorbée par les charges de personnel, laissant peu de ressources pour l’investissement et la rémunération du capital par rapport aux autres industries », souligne l’Ania, alors que se déroulent les négociations commerciales entre industriels et grande distribution qui doivent s’achever le 1 er  mars.

Le solde d’ouverture et de fermeture d’usines dans le rouge

Selon la Banque de France, une entreprise alimentaire sur quatre, affiche aujourd’hui un résultat dans le rouge (au niveau du RCAI). L’agroalimentaire subit davantage de défaillances que les autres industries manufacturières : 2,5 % des industriels alimentaires ont disparu en 2023 et en 2024, contre 1,5 à 2 % dans l’industrie manufacturière dans son ensemble. Et en 2025, le solde d’ouvertures de nouvelles usines par rapport aux fermetures est passé pour la première fois dans le rouge : « l’agroalimentaire a fermé plus de sites qu’elle n’en a ouverts. 13 fermetures nettes de sites industriels ont déjà été comptabilisées au premier semestre 2025 et les perspectives consolidées pour le second semestre sont très préoccupantes », affirme l’Ania, dans son communiqué.

« Cette courbe de rentabilité très dégradée ne permet pas à l’agroalimentaire d’investir, de se moderniser et rend les entreprises françaises de moins en moins compétitives face à leurs concurrents », regrette l’association, qui appelle « les pouvoirs publics à prendre la mesure de l’urgence dans laquelle se trouvent les entreprises agroalimentaires », notamment pour permettre de restaurer des marges permettant d’investir.

Adrien Cahuzac

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