La volaille, enjeu de souveraineté alimentaire

Le 08/10/2020 à 9:15  

« Depuis cinq ans, la consommation de volailles était portée par la RHD », rappelle Jean-Yves Ménard, président du CIPC (Comité interprofessionnel du poulet de chair). La crise du Covid-19 a interrompu cette dynamique. Première conséquence : , malgré les + 5,9 % enregistrés dans les ventes de détail. Deuxième conséquence : durant les sept premiers mois.

Depuis une vingtaine d’année, ces dernières sont les grandes rivales de la filière française, représentant 44 % du marché hexagonal du poulet. Mais leur concurrence ne s’est affaiblie que pour un temps. « Les importations sont déjà reparties, notamment en provenance du Brésil », note Gilles Huttepain, vice-président de la FIA (Fédération des industries avicoles). D’autant que les tarifs des principaux exportateurs (Pologne, Ukraine, Thaïlande ou Brésil) sont en forte baisse et que certains n’hésiteraient pas à utiliser des astuces pour contourner les barrières douanières, sans même évoquer les disparités de charges. dont le prix au kilo ne représente lui-même que la moitié d’un poulet fermier.

« Mais un poulet standard français, ce n’est pas la même chose qu’un poulet standard importé », s’insurge Jean-Michel Schaeffer, président de l’Anvol, l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair. « Notre modèle d’élevage n’a rien à voir avec les fermes-usines qu’on trouve dans ces pays », renchérit Gilles Huttepain. « Elles ne supportent pas du tout les mêmes coûts et n’appliquent pas les mêmes conditions sanitaires et environnementales ».

«  tout en devant répondre aux attentes sociétales, c’est un dilemme complexe », précise Anne Richard, directrice de l’Anvol, qui estime que n’en est que plus d’actualité : « notre challenge est de préserver nos élevages à taille humaine. Ce qui a pu sembler être un retard peut devenir une véritable avance ».

Mais « pour que nous puissions intégrer les attentes des citoyens, nous avons besoin des achats des consommateurs », poursuit Jean-Michel Schaeffer. C’est pourquoi Installé en GMS, un décret en cours d’homologation devrait le rendre obligatoire en RHD pour les produits crus. Mais reste l’indication de l’origine pour les produits cuits ainsi que pour les produits transformés avec des PAI, particulièrement propices aux importations.

« Notre objectif serait de reprendre 5 % sur les importations par an, soit regagner plus de 2 % de la consommation française chaque année » explique Gilles Huttepain. Et d’insister : « veut-on l’autonomie alimentaire en France, oui ou non ? ». Après avoir investi 450 millions d’euros par an depuis trois ans, pour pouvoir satisfaire des besoins estimés à 600 millions par an pour accélérer sa rénovation : 550 pour les élevages, 50 pour les abattoirs et les couvoirs. Par ailleurs, elle se tient en alerte face au risque de résurgence de la grippe aviaire dont des foyers ont été détectés en Russie.

B. Jullien

Copy link
Powered by Social Snap