Le 1er juin, le règlement d’exécution de la commission autorisant la mise sur le marché de larves séchées de Tenebrio molitor en tant que nouvel aliment est paru au journal officiel de l’Union européenne. Il sera en vigueur d’ici la fin du mois. Le 3 mai dernier, les États membres de l’Union européenne avaient approuvé une proposition de la Commission autorisant l’utilisation des larves du Tenebrio molitor (ver de farine) séchées comme nouvel aliment. La demande avait été soumise par Agronutris, producteur français d’insectes. Le vote positif faisait suite à la publication par l’Efsa, en janvier, d’un avis scientifique concluant que ce produit est sans danger. L’autorisation a une portée européenne. « Une autre société qui produit cet insecte et qui souhaiterait le commercialiser à l’échelle européenne doit solliciter l’accord d’Agronutris et demander l’extension de l’autorisation européenne auprès de la Commission », indique Christophe Derrien, secrétaire général de l’Ipiff, plateforme internationale pour des insectes en alimentation animale et humaine.

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Le ver de farine est désormais consommable entier, en snacking par exemple, ou sous forme de poudre incorporée dans certains aliments : biscuits, pâtes, produits à base de légumes et produits pour sportifs, dans la limite de 10 g pour 100 g. La dénomination du nouvel aliment sur l’étiquetage des denrées alimentaires qui en contiennent est « larves séchées de Tenebrio molitor ». La Commission a suivi les recommandations de l’Ipiff et rendu obligatoire la mention indiquant que « cet ingrédient peut provoquer des réactions allergiques chez les consommateurs souffrant d’allergies connues aux crustacés et aux produits qui en sont issus, ainsi qu’aux acariens détricoles » ; elle doit figurer à proximité immédiate de la liste des ingrédients.

Cette autorisation ouvre la voie à la consommation d’autres insectes. « La Commission fixe ainsi un cadre réglementaire qui devrait faciliter l’étude des prochains dossiers. Une vingtaine d’entre eux ont été déposés auprès de la Commission européenne, et la moitié est en cours d’évaluation auprès de l’Efsa, commente Christophe Derrien. Le panel de l’Efsa pour la nutrition, les nouveaux aliments et les allergènes a clos ses discussions au sujet de Locusta migratoria (criquet migrateur) fin mai et l’avis devrait être publié dans quelques semaines. D’autres insectes sont à l’étude, comme le grillon (Gryllodes sigillatus). »