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Un manifeste pour la volaille française

Un manifeste pour la volaille française
Le poids des importations dans la consommation française de poulet (à gauche) et l’évolution des importations en provenance de Pologne (à droite).

Après une légère décrue en 2020, les importations de volailles sont reparties à la hausse. L’Anvol reprend ses efforts de « reconquête » du marché intérieur.

L’Anvol, interprofession de la volaille de chair, lance un « Manifeste pour soutenir les élevages en France ». Et il y en a pour tout le monde !

Ce dernier appelle en effet les consommateurs à s’informer sur l’origine de leurs volailles, les citoyens à accepter l’installation de nouveaux poulaillers, les maires à ouvrir le dialogue entre éleveurs et habitants, les conseillers régionaux à financer indistinctement tous les modes d’élevage, les pouvoirs publics à aider toutes les chaînes de production françaises, les forces de l’ordre et la justice à considérer la détresse des éleveurs, les médias à refléter la réalité des élevages, les enseignants à intéresser leurs élèves et étudiants aux filières, les ONG de défense des animaux à reconnaître les progrès des éleveurs…

Autant d’alertes qui correspondent aux soucis récurrents de la filière.

Avec la réouverture de la restauration, les importations sont reparties à la hausse, + 17 % au premier semestre, pour repasser de 33 % de la consommation hexagonale en 2020 à 39 % cette année (et même 46 % pour le seul poulet, contre 25 % en 2000), notamment avec l’essor des expéditions en provenance de Pologne. Par ailleurs, l’Anvol demande que l’accord Mercosur ne soit pas ratifié par l’Union européenne, sans scinder ses aspects commerciaux de règles communautaires qui ne seraient pas applicables aux pays tiers.

Concernant la RHD, l’Anvol désespère de ne toujours pas obtenir l’obligation de l’indication de l’origine des volailles en restauration, comme les viandes de boucherie l’ont obtenue.

Concernant les attentes « sociétales », elle se dit en avance sur son plan Ambition 2025 adopté il y a deux ans, par exemple en matière d’antibiotiques.

Nouveaux poulaillers et hausse des coûts

Mais cette fois, l’interprofession insiste également sur l’installation de nouveaux bâtiments d’élevage. « Les Français sont incohérents », regrette Anne Richard, directrice de l’Anvol : « ils réclament des volailles françaises mais s’opposent à la construction de poulaillers ». Jean-Michel Schaeffer, président de l’Anvol, attend des élus locaux qu’ils « favorisent les discussions entre éleveurs et riverains pour dépassionner les débats ».

Enfin, la hausse des céréales rouvre un nouveau cycle de débat sur les prix avec la grande distribution. « Depuis décembre 2020, les hausses de coût ont été en partie répercutées », se félicite Paul Lopez, président de la Fédération des industries avicoles… « même si cela n’a pas été assez, ni assez vite ». Des discussions vont donc devoir être menées cette rentrée, dans le respect des règles de la concurrence bien évidemment.

La France indemne d’influenza aviaire

Depuis le 2 septembre 2021, la France a retrouvé son statut « indemne » d’influenza aviaire hautement pathogène. Apparu en novembre 2020 à l’occasion de migrations d’oiseaux sauvages, le H5N8 a été retrouvé dans 492 foyers de 15 départements du Sud-Ouest. Après des baisses de production qui ont atteint 54 % certains mois, la production semble y être repartie depuis juin, avec une reprise de 12 % des mises en place. La réouverture de certaines frontières s’avère toutefois plus lente à obtenir pour les professionnels que leur fermeture.

Voir aussi :

L’Anvol veut finaliser sa revalorisation tarifaire

La volaille, enjeu de souveraineté alimentaire

B. Jullien
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