La Fromagerie Milleret avait prévu trois journées d’événements pour célébrer son centenaire, du 9 au 11 septembre. La mort dans l’âme, l’entreprise a dû se résoudre à y renoncer. « Il nous aurait été difficile de maintenir ses festivités, même avec le passe sanitaire, alors que nous devions rester fermes sur les conditions sanitaires appliquées dans l’usine », explique Thierry Martin, son directeur général. L’entreprise a toutefois profité de cet anniversaire pour mener des actions commerciales avec la création d’un Club Fidélité, proposant des bons de réduction ou des jeux relayés sur l’emballage de ses marques.

Par ailleurs, elle avance sur son projet de construction d’une seconde fromagerie, toujours à Charcenne, en Haute-Saône. Les terrains ont été acquis, les études environnementales sont en cours et le permis de construire est espéré pour la fin 2022. « Nous avons relancé notre cycle d’innovation, de trois à cinq ans, pour déterminer quels développements le nouveau site pourrait accueillir », précise Thierry Martin. Le démarrage de la première phase de cet investissement, sur une capacité de 3 000 tonnes, est attendu pour le premier semestre 2024. À terme, l’usine pourrait s’étendre sur 9 000 mètres carrés, pour un budget estimé à une trentaine de millions d’euros, aboutissant à une capacité totale de 6 000 tonnes.

C’est que la croissance est au rendez-vous. Ayant réalisé 71,5 millions d’euros de chiffre d’affaires net en 2020 en croissance de 3,3 %, elle s’attend à une progression identique en 2021, malgré l’effet de base historique favorable de l’année Covid durant laquelle elle avait notamment profité de ses prises de position en drive où elle occupe une part de marché quasiment double à celle qu’elle enregistre en GMS (3,7 % des pâtes molles).

Nouveautés à l’export

En outre, l’export reste un levier de croissance. Représentant 12 % des ventes contre 3 % il y a dix ans seulement, il se développe actuellement en Australie et se renforce aux États-Unis, au-delà des marchés européens. « Notre modèle d’entreprise, avec un site unique et une collecte locale mais aussi des marques fortes, est très parlant pour ces marchés », remarque Thierry Martin. D’ailleurs, deux nouveaux produits sont lancés cet automne spécifiquement pour l’export : le P’tit smocky, un fromage fumé, et une crème de fromage à la truffe, l’entreprise disposant également d’un savoir-faire en fromage fondu grâce à la cancoillotte.

Forte de son GIE commercial avec Entremont, rejoint depuis 2009 par Les Fromageries Occitanes et Fromageries de Blâmont, autres filiales de Sodiaal, l’entreprise, 100 % familiale, profite d’un mix-produit porté à 65 % par ses marques, à commencer par L’Ortolan et Roucoulons. La rentabilité qu’elle dégage lui permet de redistribuer ses bénéfices à ses salariés ou à ses éleveurs, avec une forte augmentation de son prix du lait l’an dernier, ainsi qu’à les réinvestir.

B. J.