Le constat alarmant de l’Ania

Le 04/04/2019 à 12:32  

Sombre tableau que celui peint par l’Ania pour son bilan de l’année 2018. « Même si l’agroalimentaire français reste une locomotive de l’économie et une référence internationale, et notre retard avec nos concurrents, européens comme non européens, se creuse », regrette son président Richard Girardot.

Certes, grâce à la prémiumisation de certains marchés, le chiffre d’affaires du secteur a progressé de 1,5 %, pour atteindre 176,1 milliards d’euros. Mais sa production a diminué de 1,4 % en volume. Avec 427 594 emplois, les IAA ont créé 3 288 postes l’an dernier. Il leur en resterait encore 21 000 à pourvoir, faute d’attractivité reconnue. La guerre des prix en grande distribution et la déflation qui l’accompagne sévissent maintenant depuis six ans, engendrant selon l’Ania . Depuis 2012, l’excédent brut d’exploitation des entreprises a diminué de 3,1 milliards, leurs marges connaissant un véritable décrochage : huit points de moins en trois ans. Conséquence, l’investissement diminue également, avec une baisse estimée à 6 % en 2018. Même le commerce extérieur fait grise mine puisque, hors boissons, le déficit français augmente année après année, à 5,1 milliards l’an dernier.

En 2019, la loi EGalim est censée contribuer à une amélioration de cette situation. Mais tel n’est pas le cas pour l’instant. Le relèvement du seuil de revente à perte aurait généré 600 millions d’euros dans la distribution, normalement pour remonter vers l’amont : « Où sont-ils passés ? » s’interroge Richard Girardot, après des négociations commerciales toujours aussi tendues avec les centrales. Et de réclamer encore .

La FCD (Fédération du commerce et de la distribution) a répliqué vertement en dénonçant «  sur les retours de hausses consenties vers les producteurs agricoles », stigmatisant au passage le « comportement des représentants des grandes entreprises agroalimentaires multinationales ». Selon Jacques Creyssel, son délégué général, la valorisation du marché alimentaire aurait atteint 10,5 milliards d’euros depuis 2013, soit un gain de cinq milliards en ôtant la déflation.

Plus généralement, et pour dépasser ce climat morose, pour structurer son activité : « anticiper les attentes des consommateurs en termes d’alimentation saine, sûre et durable, restaurer les marges des entreprises, favoriser les capacités de recrutement des entreprises et l’attractivité des métiers, accélérer la R&D dans des domaines porteurs et attendus des consommateurs, accompagner les entreprises dans leur développement à l’international et la promotion de l’image France ».

B. Jullien

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