La filiale française du groupe danois Carlsberg vient de dévoiler les premiers investissements de son vaste plan de modernisation de 100 M€. Présenté en 2018 et retardé en raison de la pandémie, il vise à accroître les capacités de la brasserie Kronenbourg d’Obernai, dans le Bas-Rhin, tout en consolidant les acquis en matière d’environnement, de santé au travail et de sécurité (lire aussi : Kronenbourg se prépare à doper Obernai).

Houblonnage à froid

Plusieurs technologies brevetées par le groupe viennent d’intégrer la brasserie. Un équipement de houblonnage à froid (« dry hopping ») a été ainsi installé. Cet investissement de 5,50 M€ sera pleinement opérationnel en 2022, avec la robotisation de l’alimentation de la ligne. Il offrira une extraction optimale des arômes du houblon, infusé à froid en fin de fermentation pour les bières de type IPA. Mise au point par Carlsberg en 2015 et déjà déployée dans trois brasseries du groupe en Europe, cette installation (équipement : Ytron) assure un broyage sous vide des pellets de houblon (jusqu’à deux tonnes de houblons par batch de 2 000 hl). Après infusion, la bière est centrifugée (équipement GEA) pour lui donner sa transparence finale. La première bière à bénéficier de cette nouvelle technologie sera la 1664 Créations Hoppy Lager, jusqu’ici élaborée en Suisse faute d’équipements nécessaires.

Kronenbourg vient également de prendre livraison de deux nouveaux tanks de fermentation de dernière génération. Ils utilisent également une technologie brevetée par Carlsberg (tank Ziemex, intégrateur Esau et Hueber). D’une capacité unitaire de 2 000 hl, ils viennent renforcer le parc des 53 fermenteurs déjà en place sur le site. Leur installation a nécessité un investissement de 2,40 M€. Ils seront rejoints dès l’an prochain par trois autres fermenteurs cylindro-coniques innovants. Outre une meilleure gestion de la température à 0,1 °C près, ils sont équipés d’un système d’agitation novateur qui permet de placer les levures dans des conditions optimales de fermentation. Les cuves sont également bardées de capteurs pour un pilotage en temps réel des différents paramètres de la transformation, et garantir une meilleure reconduction de la production.

Trois litres d’eau par litre de bière

Enfin, dernier chantier, la consommation d’eau. Pour la première fois en 2020, la brasserie d’Obernai est passée sous le seuil des quatre litres d’eau pour produire un litre de bière. En 2021, cette quantité est même de 3,76 l, soit une baisse de 20 % en quatre ans. D’ici à cinq ans, Kronenbourg espère bien descendre en dessous des 3 litres. Cette performance est le fruit d’optimisations à toutes les étapes de la production. Une meilleure gestion des 150 opérations de nettoyage en place a permis de réduire la consommation de 160 000 m3. De même, la récupération de la vapeur d’eau lors du brassage et sa réutilisation dans la cuve filtre ont réduit la consommation de 12 000 m3. Plus loin dans le process, le recyclage des eaux de refroidissement des quatre centrifugeuses du site a permis d’économiser 60 000 m3. En 2022, 85 000 m3 supplémentaires devraient être récupérés lors de différentes phases de pousse entre chaque recette. Entre 2018 et 2022, la brasserie aura investi 1 M€ dans ces divers chantiers d’économie.

F. B.

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