Créée en 1989, l’Agropole d’Agen doit prendre un nouvel essor. Depuis sa dernière extension *, les 60 hectares de son site d’Estillac sont occupés à 95 % et il ne lui en reste qu’à peine quatre pour accueillir de nouveaux projets. Bref, la technopole agroalimentaire du Lot-et-Garonne est parvenue « à maturité », selon Sylvain Pineau, son directeur général depuis un an et demi.

Située entre deux métropoles importantes, Bordeaux et Toulouse, « elle constitue plus qu’un parc d’activités classique », ajoute ce dernier. « Combinant centre d’innovation, accompagnement de start-ups et capacité à fédérer des entreprises, l’Agropole offre un agencement très intelligent qui permet de déployer rapidement des projets. Et son modèle peut être reproduit ».

Un nouveau projet stratégique, baptisé Agropole 2030, vient d’être élaboré par la trentaine de salariés du site avec l’ensemble des parties prenantes de son écosystème, et décliné suivant cinq axes :

- Des valeurs définies, afin d’identifier les projets à venir.

- L’attractivité du secteur agroalimentaire ainsi que du territoire, notamment dans sa capacité à développer de nouvelles filières.

- L’accompagnement des entreprises. « C’est le cœur de notre réacteur, nous pouvons encore faire plus et mieux », assure Sylvain Pineau. En matière de formation par exemple, un BTS maintenance des systèmes spécifique à l’agroalimentaire va ouvrir ses portes en septembre prochain, en partenariat avec l’Ifria Nouvelle-Aquitaine et sept entreprises, pour quinze contrats d’apprentissage.

- L’excellence et l’expertise, notamment en déployant des relations avec les universités et le monde de la recherche, y compris à l’échelon européen.

- L’international enfin, tant pour l’Agropole elle-même que pour ses entreprises.

Partenariats et synergies

Ainsi, des réflexions sont entamées pour nouer des partenariats avec d’autres technopoles ou régions, en France comme en Europe, notamment dans le cadre d’EBN (European Business and Innovation Centre Network) qui fédère plus de 150 centres de ce type. « Il s’agit de mettre en œuvre de nouvelles synergies avec d’autres territoires économiques », résume Sylvain Pineau.

Agropole mène également des travaux sur la RSE, la place des femmes dans l’agroalimentaire et, plus généralement, sur l’emploi. Elle organisait d’ailleurs aujourd’hui la quatrième édition de sa journée Agropole Recrutements, cette fois étendue à toutes les entreprises agroalimentaires du département, avec une ouverture particulière aux cadres, y compris issus d’autres secteurs industriels. Plus de 200 offres d’emploi y ont été proposées par 36 entreprises.

Le fonctionnement d’Agropole est assuré pour un tiers par des financements publics (département, région, Chambre de commerce et d’industrie, Union européenne) et pour deux tiers par ses propres ressources, qu’il s’agisse des loyers versés par les entreprises présentes sur le site, du bureau à l’atelier de production, ou de services facturés, par exemple dans le domaine de l’analyse sensorielle, qui va connaître de nouveaux développements.

Prochain rendez-vous dès la rentrée, pour les résultats de la 28e édition du Concours national de la création d’entreprises agroalimentaires, pour lequel les candidatures peuvent encore être déposées d’ici au 15 juin.

B. Jullien

* Agropole 3, sur 18 hectares, avec Ultra Premium Direct (petfood), Boncolac (surgelés) et Vegecroc (transformation de légumes frais).