Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, a annoncé qu’un projet de décret visant à renforcer l’information des consommateurs sur l’origine des miels issus de mélanges et conditionnés en France serait notifié dans les prochains jours à la Commission européenne. Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, avait dévoilé ce projet lors d’une audition à l’Assemblée nationale et au Sénat en mars dernier.

« Aujourd’hui, l’origine des miels peut manquer de clarté avec des mentions de type “miels originaires et non originaires de l’Union européenne”. Ce projet de décret prévoit que les mélanges de miels commercialisés en France devront préciser sur leur étiquette la liste exhaustive des pays d’origine des miels les composant, par ordre pondéral décroissant. Les pays dont sont originaires plus de 20 % des miels du mélange seront par ailleurs mis en évidence pour renforcer leur visibilité par le consommateur », indique Bercy.

Ce renforcement de l’information sur l’origine des miels issus de mélanges vient compléter une action plus globale du gouvernement en faveur de la production de miel française, ainsi que d’une information loyale du consommateur sur le miel.

Apprécié des Français, le miel est un produit particulièrement sensible aux fraudes. Outre son coût de fabrication pouvant induire des risques de falsifications, la production française (entre 20 000 et 30 000 tonnes selon les années) n’est pas suffisante pour satisfaire la demande (consommation d’environ 40 000 tonnes par an). Cela induit ainsi des risques de tromperie sur l’origine des produits et notamment de « francisation ».

Au cours des deux dernières années, les services de la DGCCRF ont été particulièrement mobilisés sur ce sujet : 317 établissements ont été contrôlés et 262 produits analysés dans ses laboratoires. 32 % des entreprises présentaient des anomalies et 43 % des prélèvements sont revenus non conformes. Si presque 70 % des contrôles d’établissements n’ont pas mis en évidence de manquement et que la première cause de non-conformité concernait des défauts d’étiquetage, des manquements graves tels que des défauts de composition, de qualité ou d’adultération ont été mis en évidence.

Les contrôles ont ainsi donné suite à 23 procès-verbaux transmis à la justice, à 41 injonctions et à l’envoi de 108 avertissements. Une tromperie en bande organisée ayant conduit à la « francisation » de plusieurs centaines – voire milliers – de tonnes de miel originaires de Chine et d’Espagne a notamment été démantelée.

Enfin, le gouvernement portera le sujet de l’étiquetage d’origine au niveau européen afin d’obtenir un cadre réglementaire harmonisé sur le sujet.

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