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Coronavirus : les méthodes de désinfection passées au crible

Le lavage des mains, le respect des gestes barrières et la désinfection des points de contacts avec les mains restent les principales mesures en matière de lutte contre le coronavirus. Toutefois, différentes solutions de désinfection complémentaires peuvent être mises en œuvre. PHOTO : E.PAIN/HYPRED/GSF

Sécurité Le 20 mai dernier, les experts du service R & D du groupe GSF ont organisé un webinaire visant à présenter les différentes méthodes de désinfection possibles dans le cadre de la crise de la Covid-19.

«Le Sars-CoV-2 est un virus enveloppé, donc relativement fragile. Des matières actives comme le chlore, l’eau de javel, les ammoniums quaternaires, le peroxyde d’hydrogène, l’éthanol, l’acide peracétique ou les glutaraldéhydes sont donc efficaces sur ce type de virus, note Charles Moulinier, de GSF Propreté & Services. Il revient néanmoins aux industriels de vérifier que le désinfectant qu’ils utilisent dispose d’une activité virucide, répondant à la norme EN 14476 ». « Si les gestes barrières et le lavage fréquent des mains restent la règle, en agroalimentaire, on dissocie le cas des ateliers de production, où un nettoyage-désinfection quotidien utilisant des produits à la virucidie attestée est réalisé, de celui des locaux sociaux, où une désinfection appropriée doit être mise en œuvre », indique Marie Cheval, de GSF.

Essuyage humide et pulvérisation

Lors de leur présentation, les experts du groupe ont abordé plusieurs solutions. En présence humaine, deux techniques sont envisageables : l’essuyage humide ou les dispersats dirigés (pulvérisation de produit désinfectant). Réalisé sur des surfaces propres, l’essuyage humide avec une lingette jetable ou une lavette imprégnée d’un produit virucide sera efficace, mais sujet à une certaine variabilité interopérateurs. La méthode des dispersats dirigés sera réalisée en l’absence de personnel (autres que l’opérateur protégé), d’animaux et de denrées alimentaires. Elle consiste à pulvériser de fines gouttelettes sur les surfaces à désinfecter, et n’assure aucune désinfection de l’air. Deux techniques existent : la pulvérisation (gouttelettes de 40 à 150 µm) et la nébulisation (8 à 50 µm). La taille des gouttes varie selon les appareils utilisés, et par conséquent leur vitesse de sédimentation. Dans le cas d’une brume, la taille des gouttelettes varie de 50 à 100 µm, pour une vitesse de sédimentation jusqu’à 10 m/h. Pour un brouillard (de 1 à 5 µm), la vitesse est de 0,5 m/h. Et pour une fumée (ultradiffusion, fumigation), la taille des particules est de 0,001 à 0,1 µm, pour une vitesse de sédimentation inférieure au centimètre par heure.

Nébulisation de H2O2

La nébulisation de peroxyde d’hydrogène (H2O2), éventuellement mélangé, selon les formulations disponibles, avec de l’acide peracétique, est couramment réalisée. Selon, les appareils, elle s’effectuera par voie sèche (1 ml de produit par m3 d’air) ou humide (12 ml/m3). Le potentiel d’oxydation du peroxyde d’hydrogène est de 1,87 eV, et celui l’acide peracétique de 1,81 eV, contre 1,36 eV pour le chlore et 2,07 eV pour l’ozone (O3). « Le peroxyde d’hydrogène est dix fois plus efficace contre les spores bactériennes à 45 °C qu’à 20 °C et l’acide peracétique devra être utilisé à une concentration cinq fois supérieure pour une efficacité identique lorsque la température chute de 35 à 15 °C », rappelle Franck Demézières, responsable agroalimentaire de GSF. De façon générale, la nébulisation de H2O2 s’effectuera à une température minimale de 20 °C et une hygrométrie comprise entre 70 et 90 %.

L’ozone gazeux

Complément à la désinfection classique, la nébulisation d’ozone consiste à saturer l’air ambiant en molécules d’O3. Ce produit, très oxydant, a une efficacité virucide sur les surfaces dès 2 ppm de concentration et un temps de contact de quelques minutes. Comme la nébulisation de H2O2, elle s’effectue en l’absence de personnel, portes étanches fermées et ventilation coupée. La reprise des locaux ne pourra se faire qu’après plusieurs heures et un contrôle des valeurs limites d’exposition. Instable, l’ozone se dégrade en O2. C’est donc une technologie verte qui ne laisse aucun résidu et qui, contrairement aux autres méthodes présentées ici, peut être mise en place sans rinçage, y compris pour des surfaces en contact avec les aliments. Sans contrainte d’hygrométrie, la nébulisation d’ozone doit s’effectuer à une température inférieure à 45 °C.

Ultradiffusion ou fumigation

L’ultradiffusion, aussi appelée fumigation, consiste à répandre des substances actives dans une enceinte fermée et à en saturer l’atmosphère en vue de la désinfecter. Jusqu’à la fin avril 2020, aucune solution virucide n’était disponible sur le marché. Une nouvelle approche voit le jour avec le Fumicrob (O-phénylphénol à 7 % + glutaraldéhyde à 3,5 %). L’attestation de sa virucidie selon la norme NF 72281 (efficacité du couple produit-appareil) serait en cours. La fumigation s’effectue dans ce cas, portes étanches fermées, ventilation et alarme incendie coupées, à une température supérieure à 9 °C et une hygrométrie entre 50 et 95 %.

Laurent Bénard
Repères
    Le groupe GSF

    Créé en 1963, il emploie 34 000 collaborateurs.

    Chiffre d’affaires : 1 milliard d’euros, dont 12 % dans l’agroalimentaire.

    Un service R & D composé de 17 experts, ingénieurs, pharmaciens et microbiologistes.

Désinfection Les solutions s’automatisent

MG Tech Robot mobile de désinfection radiocommandé

Radiocommandé, ce robot conçu par MG Tech et Shark Robotics est capable de décontaminer 20 000 m2 de surfaces en trois heures, grâce à ses 16 buses réparties sur 4 colonnes et pulvérisant à 360° une solution désinfectante sur une portée de 2 à 3 m autour du robot. Le module complet (moteur de 2 x 1 000 W) avec son système de décontamination est commercialisé aux alentours de 45 k€, mais peut ensuite être redesigné en AGV (1 t portée, 3 t tractées) pour, par exemple, gérer des palettes dans un entrepôt. Un système d’épuration de l’air (aspiration puis traitement UV) des espaces indoor peut également être installé sur l’appareil.

Delta Drone Robot avec mât stabilisé par un drone

La solution SafeSprayBot, en cours de commercialisation, est conçue pour désinfecter des entrepôts, enceintes industrielles, bureaux ou commerces. Il combine la technologie Delta Drone développée pour les inventaires et le savoir-faire du suisse Aero41 en matière de pulvérisation. Un robot roulant, dont la mémoire a préalablement enregistré les parcours, se déplace à l’intérieur du site. Il est équipé d’un mât articulé de hauteur réglable (non télescopique, mais il est possible d’y ajouter des tronçons de 2 m) équipé d’un ensemble de buses de pulvérisation, et accompagné d’un drone qui le stabilise. Cette technologie permet d’assurer une pulvérisation précise jusqu’à 10 m de haut.

Hellomoov Robot de désinfection

Le RED (robot expert de désinfection) a été développé conjointement par Hellomoov, Pharmaplan et Akeoplus pour désinfecter les espaces couverts. Ses capteurs LIDAR lui permettent de scanner de manière autonome son environnement afin d’identifier les zones à décontaminer. Le traitement de 100 m2 prend 60 secondes. Il dispose d’une autonomie de fonctionnement de huit heures.

Sherpa Mobile Robotics Pulvérisation de brouillard sec

SMR a équipé ses robots mobiles autonomes (programmables et ajustables à l’environnement) du dispositif Phileas, de Devea, qui assure la projection de microgouttelettes de 5 à 10 µm de désinfectant à base d’eau oxygénée. Ce système a obtenu la certification NF 72281, garantissant une efficacité sur les virus à 99,99 %. La technologie de centrifugation retenue évite tout encrassement de buses.

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Hellomoov
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Delta Drone
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