Nouvelles habitudes et nouveaux aliments sont autant de facteurs qui peuvent avoir un impact sur les allergies alimentaires. D’ailleurs, les signalements reçus par le Réseau d’Allergo-Vigilance ont permis d’identifier des allergènes émergents : le sarrasin, le lait des petits ruminants (chèvre et brebis), le kiwi, le pignon de pin, l’α-galactose (présent dans la viande de mammifère), les pois et les lentilles. Ces allergènes présentent un risque d’anaphylaxies, c’est-à-dire de réactions allergiques graves, parfois plus élevé que certains allergènes de mention obligatoire, listés dans l’Annexe II du règlement européen n° 1169/2011.

L’Anses recommande donc la mise à jour régulière de la liste des allergènes alimentaires qui doivent être signalés afin de mieux prévenir le risque d’allergie grave.

L’Anses souligne aussi que les données disponibles actuellement ne permettent pas de déterminer l’évolution de la prévalence des allergies alimentaires en France. En effet, il n’existe aucune disposition pour suivre leur évolution et les études actuelles ne permettent pas de comparer les valeurs. Ainsi, les données d’incidence, notamment des réactions allergiques graves, sont insuffisantes pour être représentatives de la situation nationale.

À partir de ce constat, l’Anses recommande aux pouvoirs publics d’améliorer les dispositifs de recueil de données relatives aux allergènes alimentaires, ainsi que l’évaluation de l’incidence ou de la prévalence des allergies, afin de mieux orienter les études et recherches.