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Pour gagner en productivité, comment SCO a redéfini le rôle de ses managers

Chez SCO, les managers de proximité participent désormais à trois réunions rapides par jour, à heure fixe. L’usine gagne ainsi en efficacité et en productivité.Agromousquetaires

Ce concept, appliqué dans cette usine quimpéroise de la filière porc d’Agromousquetaires, a ensuite été étendu aux quatre autres unités de production.

«En 2017, nous avons fait le constat que les pratiques de nos managers de proximité variaient beaucoup selon les per­sonnes et les services, expose Jacky Martin, directeur industriel des usines­ de charcuterie de la filière porc d’Agromousquetaires. Avec l’aide du cabinet Quaternaire, nous avons redéfini leurs missions et l’organisation d’une journée type. Nous avons commencé dans notre site SCO* de Quimper (29), où travaillent 600 personnes, dont trente managers en production et maintenance, qui gèrent chacun une vingtaine de collaborateurs. »

SCO et Quaternaire ont retenu six piliers indispensables que les managers allaient devoir acquérir et mettre en pratique : organiser le fonctionnement de leur service ; respecter et faire respecter les règles ; développer les compétences des collaborateurs ; manager les résultats et faire vivre le processus d’amélioration continue ; garantir la motivation et le climat social pour la résolution de pro­blèmes en groupe ; s’ouvrir à l’extérieur et entreprendre.

SCO a ensuite demandé à ses managers de noter le temps qu’ils consacraient à chacune de ces missions, puis deux journées ont été dévolues à l’étude de ces résultats et à la présentation d’une nouvelle façon de fonctionner. « Une part importante de leur énergie était focalisée sur l’organisation du travail et le management du résultat, plus que sur l’ouverture vers l’extérieur et la motivation des opérateurs », reconnaît le directeur industriel.

Se réunir trois fois par jour

Un travail a ensuite été réalisé avec les managers pour définir leur journée type. À 6 heures se tient une réunion de cinq minutes avec leur équipe de production, à la mise en route des lignes, afin de revenir sur les principaux résultats et problèmes de la veille. À 8 heures, un point de quinze minutes les rapproche des responsables d’atelier pour reprendre les indicateurs de qualité et de productivité, ainsi que les feedbacks du matin, et mettre en place des plans d’action. Enfin, à 9 h 30, un troisième volet d’animation de trente minutes regroupe le Codir et les responsables de service. Chaque réunion commence toujours par aborder la sécurité des personnes, avec un balayage complet des situations à risque enregistrées la veille. Pour un site de 600 salariés, on en compte cinq à dix par semaine. Les ateliers ont tous une salle de pilotage où sont déclinés les indicateurs et les actions à mettre en place, avec le nom des responsables et le délai nécessaire au traitement des anomalies.

« Nous utilisons maintenant des tableaux numériques qui peuvent être enrichis et visionnés par chaque participant, depuis son poste de travail, précise Jacky Martin. Nous avons vraiment acquis un niveau de maturité intéressant où tous les respon­sables ont le même niveau d’information. On gagne un temps fou. » Autre nouveauté, les managers réalisent des tours de terrain trois fois par jour et passent sur les lignes à heure fixe, selon un rituel et des points de passage définis, afin d’échanger avec leurs collaborateurs sur la performance en cours et les anomalies ou problèmes rencontrés. L’objectif, à moyen terme, est d’en digitaliser le reporting. Chaque manager a, par ailleurs, suivi une formation personnalisée sur les piliers du programme où il était en difficulté et pu bénéficier d’actions mises en place par l’entreprise pour l’aider à évoluer. « Grâce à cette nouvelle organisation, couplée à notre plan d’action sur la sécurité qui a divisé par deux le taux de fréquence des accidents du travail, tous nos ateliers ont gagné 3 à 5 % de productivité main-d’œuvre », se félicite Jacky Martin.

Florence Jacquemoud

*Société charcutière de l’Odet.

Atouts de l’animation quotidienne

L’animation quotidienne permet de gagner en efficacité et en productivité.

- Elle fait gagner du temps et de la réactivité pour traiter rapidement les problèmes.

- Elle impose de la rigueur car chacun doit faire le reporting de ses indicateurs.

- Dans chaque groupe, tous les collaborateurs ont le même niveau d’information­.

- Les décisions sont prises collectivement, en connaissance de cause pour tout le monde.

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