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Comment Triballat-Noyal s’engage sur la neutralité carbone pour 2022

« L’éolienne et les ombrières du site de Châteaubourg (35) génèrent 8,5 % de l’électricité consommée par le site », soulignent Jean-Marc Lévêque (à gauche), responsable du développement durable, et Matthieu Fayet, coordinateur du management énergétique.

Le groupe cherche des projets simples à mettre en œuvre, en lien avec ses producteurs, ayant du sens pour ses salariés.

«Chaque année, Triballat-Noyal vise une réduction de 5 % de sa consommation énergétique », pose Jean-Marc Lévêque, responsable développement durable du groupe familial qui compte quinze sites en France de produits ultrafrais et fromages, à parts égales d’origine végétale et animale. « Nous nous appuyons sur des idées remontées du terrain, comme l’éclairage par LED ou bien la peinture du toit des entrepôts frigorifiques en blanc », illustre Matthieu Fayet, coordinateur du management énergétique, appuyé par un référent dans chaque site. « Mais cela devient de plus en plus difficile sans réaliser de changements technolo­giques importants », poursuit-il. L’objectif pour le groupe est maintenant de tendre vers la neutralité carbone dès 2022, pour l’ensemble de ses activités végétales, à marques Sojasun et Sojade.

Préférer des actions simples à mettre­ en œuvre

Pour la production d’électricité, une éolienne installée en 2011à Châteaubourg (35) génère 7 % de la consommation en électricité du site. « Mais le projet s’est révélé très complexe, avec cinq ans de démarches administratives, souligne Jean-Marc Lévêque. Nous choisissons dorénavant des actions plus simples à mettre en œuvre. » Ainsi, en 2019, des om­brières photovoltaïques ont été installées sur l’équivalent de 60 places de parking. Elles produisent 1,5 % de la consommation totale. « L’objectif est d’avoir 20 % de notre consommation électrique issue d’énergies renouve­lables d’ici deux à trois ans », complète Matthieu Fayet. D’autres investissements sont en cours de validation, comme la pose de panneaux photovoltaïques au sol à Châteaubourg et Noyal-sur-Vilaine (35). La voie de l’hydrogène est aussi explorée pour les véhicules et le matériel roulant. Depuis un an, cinq des quarante camions du groupe roulent avec l’Oleo 100, carburant 100 % colza, du groupe Avril. « Nous attendons encore des autorisations des constructeurs afin de basculer l’intégralité de notre flotte », poursuit
Jean-Marc Lévêque.

Financer des projets durables et locaux

Pour tendre vers la neutralité carbone, Triballat-Noyal doit compenser 12 000 tonnes de CO2 par an, soit 120 000 arbres à planter annuellement. L’entreprise finance donc différents projets de plantations de haies et de forêts intégrant un enjeu de biodiversité. « Ils sont souvent en lien avec le territoire de nos producteurs de lait. Par exemple, nous finançons le programme “Plantons en France” développé par l’Afac. L’intérêt est que nos éleveurs bénéficient d’une formation pour la plantation et l’entretien de leurs haies », remarque le responsable.

Afin d’impliquer aussi les salariés, l’entreprise a conçu avec le Crédit Agricole un plan épargne entreprise (FCPE) propre à Triballat-Noyal, avec un taux garanti de 2,75 %. Un comité interne de sélection choisit les projets à financer en lien avec les énergies renouvelables. « 80 % de nos collaborateurs ont fait le choix d’y investir. Cela représente déjà 3 millions d’euros », s’enthousiasme Jean-Marc Lévêque.

Agnès Boiron
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A. BOIRON
Trois étapes à suivre pour la neutralité carbone

« Il faut d’abord calculer annuellement son impact dans un périmètre défini », explique Olivier Messager, fondateur d’O2M, cabinet de conseil qui accompagne les industriels comme Triballat. Ces chiffres sont ensuite traduits en équivalent CO2. La méthodologie utilisée est souvent celle du bilan carbone de l’Ademe, qui utilise la base de données Agribalyse.

La deuxième étape est pratique. Il s’agit de réduire ses émissions de carbone. Elle concerne, selon le périmètre choisi, le procédé industriel, les emballages, la logistique et le transport.

La troisième étape vise à effacer ces émissions. « Il faut d’abord les réduire, même si cela coûte plus cher que l’achat de crédit carbone, prévient le consultant. En revanche, il n’est pas possible de réduire à zéro ses émissions sans la compensation carbone volontaire. » L’Ademe* est vigilante sur la communication dans ce domaine et recommande de choisir des projets de compensation labellisés, avec des approches de développement durable.

*Note de l’Ademe du 5 novembre 2019 sur les règles de bonnes pratiques de la compensation carbone.

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