ria
S'abonner
Imprimer Envoyer par mail

Comment Maître CoQ stimule l’innovation chez ses salariés

Christophe Guyony, DG de Maître CoQ, au côté de Gaëlle Artur, chef de produits, explique : « Il faut que les salariés aient suffisamment confiance dans l’entreprise pour oser s’exprimer. »

Séance de créativité, challenges..., le volailler du groupe LDC associe tous ses employés pour développer ses nouveautés, avec des processus bien rodés.

Donuts de poulet, Box de volaille, haché de poulet... Maître CoQ a mis sur le marché de nombreuses innovations. Le volailler, propriété de LDC, annonce que 33 % de son chiffre d’affaires est réalisé sur des produits qui n’existaient pas en 2011. Arrivé SAS, l’entité juridique basée à Saint-Fulgent, en Vendée, pèse 500 M€ de CA (comprenant les MDD), et Maître CoQ, 200 M€. « L’innovation est dans l’ADN de la marque », appuie Chris­tophe Guyony, directeur général. L’entreprise compte 2 500 salariés, principalement basés en Vendée, mis à contribution en matière d’innovation.

Une à deux séances par an

« Nous organisons une ou deux séances de créativité pluridisciplinaires par an, illustre Gaëlle Artur, chef de produits. Nous avons été formés pour créer un cadre favorable pour que les participants sortent de leur carcan de travail, qu’ils soient dans de bonnes conditions psychologiques en restant centrés sur l’objet de la séance. Il faut allier ouverture et contrainte. »

Les groupes sont constitués de six à huit personnes volontaires, autour d’un thème choisi en fonction des objectifs fixés avec l’analyse de marché. « L’idée, c’est d’avoir des avis représentatifs des consommateurs, précise Gaëlle Artur. Les salariés ne sont pas experts du sujet. Plus un groupe est varié, plus c’est riche. » L’entreprise s’est professionnalisée il y a cinq ans à partir de cette démarche.

Challenges et tour du monde

Des défis sont aussi organisés pour les salariés : « Si tu manges quelque chose de sympa pendant tes vacances, par exemple, tu le prends en photo et on fait un concours pour déterminer la meilleure, résume Chris­tophe Guyony. C’est une façon de trouver des bonnes idées. » En parallèle, « on a fait le tour du monde avec diffé­rentes équipes, pluridisciplinaires, pour voir ce qui se fait sur notre marché et les marchés transversaux, poursuit le directeur général. Par exemple, pour voir comment seront équipées les ménagères demain. » Une fois l’idée formulée, qu’elle provienne de l’équipe marketing, commerciale, R&D ou d’autres salariés, elle est entrée dans StartCoQ, le logiciel de gestion de l’innovation maison.

Ensuite, le processus est bien rodé : « On génère le nouveau concept, qui passe dans les mains du service R&D, qui cherche à développer un produit le plus proche possible du concept, jusqu’à la première fabrication. Après, la production prend le relais », détaille Christophe Guyony. L’équipe R&D compte six chefs de projets, quatre­ techniciens et un responsable. Les consommateurs sont aussi questionnés tout au long du processus. Le volailler a son propre laboratoire d’analyse sensorielle, où le personnel est aussi invité à faire des tests.

CIR et thèses

Maître CoQ a recours au Crédit d’impôt recherche. « Nous finançons des thèses sur des recherches plus fondamentales », indique Christophe Guyony. Quant aux marques de distributeurs, « on se doit aussi de les alimenter en innovations, ajoute le dirigeant. Nous venons avec des propositions, et les demandes peuvent aussi venir d’eux. » L’entreprise collabore aussi avec ses fournisseurs et ses éleveurs : en 2009, le travail commun avec les producteurs a donné naissance au Poulet certifié nourri aux graines de lin. « Pour susciter l’innovation, il faut que les gens n’aient pas peur de dire des bêtises, qu’ils aient confiance dans l’entreprise pour oser s’exprimer, pour sortir du cadre », analyse Christophe Guyony.

Marion Coisne

Un logiciel de gestion fait maison

Maître CoQ a développé en interne son propre logiciel de gestion de l’innovation, appelé StartCoQ. « Le principe, c’est que les idées récoltées soient remontées dans le système d’information », explique Christophe Guyony. « Il ne faut surtout pas perdre les idées », abonde Gaëlle Artur.

StartCoQ fonctionne depuis deux ans. Alimenté principalement par les services marketing et R&D, à partir des idées de tous les salariés, il détaille le processus de l’idée au produit.

Imprimer Envoyer par mail


Cet article est paru dans RIA

Sélectionné pour vous