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Comment France Génoise, en crise, a eu recours à l’actionnariat salarié

De gauche à droite : Nicolas Faguier, gérant, Nathalie Gauvin, cogérante, Cathy Terrien, responsable de l’atelier tartes, et Sandrine Couilleault, comptable. Ces deux dernières sont montées au capital en 2010. photos Marion Coisne

Le fournisseur de prêt-à-garnir, basé au sud-est de Nantes, a fait monter ses employés au capital pour affronter un plan de sauvegarde.

En moins de dix ans, après avoir frôlé la faillite, France Génoise, à Villedieu-la-Blouère (Maine-et-Loire), entre Nantes et Cholet, s’est remise sur les rails. En 2008, plombée par l’échec d’une nouvelle gamme et de lourds investissements, l’entreprise productrice de prêt­à-garnir­ est mise en procédure de sauvegarde. Elle compte alors douze salariés, pour un chiffre d’affaires qui dégringole à 1,9 M€ en 2010, contre 2,9 M€ en 2007. Depuis, elle a su remonter la pente, et affichait en 2018 un CA de 3,7 M€, avec 34 salariés au 1er juin 2019. Pour sortir de la crise, France Génoise a intégré tous ses salariés au capital.

7 % pour les douze salariés

Nicolas Faguier et Nathalie Gauvin, cogérants, et une tierce personne extérieure à l’entreprise, réunis au sein d’une holding, sont passés en 2010 de 100 % du capital à 52 %. Les douze salariés ont pris ensemble 7 %, le reste provenant d’investisseurs extérieurs. « On ne peut pas redresser une entreprise sans emmener tout le monde dans la même direction, appuie Nicolas Faguier. On sous-estime­ la force du consensus. Quand tout le monde est impliqué, cela va plus vite. » Les relations ne sont pas récentes, la confiance est de mise : « C’étaient des salariés histo­riques, qui avaient connu les bonnes années », précise-t-il. En pratique, un pacte d’actionnaires est créé. Il inclut notamment la cession des parts, en cas de départ de l’entreprise, aux autres salariés actionnaires ou à la holding. Aujourd’hui, avec le départ des investisseurs extérieurs et d’un salarié, les trois actionnaires historiques ont récupéré 95 % du capital.

Trouver ensemble les solutions

Si, pour Nicolas Faguier, « l’actionnariat salarié n’est pas un outil miracle », il se félicite de la démarche. « Nous avons trouvé les solutions avec les gens de terrain », reconnaît-il. L’innovation a permis à l’entreprise de sortir de l’ornière, avec le lancement de la gamme « Fond de Tarte » en 2013, ou encore de la tartelette « Ty’Nantais », récompensée par le concours Snacking d’Or en 2017. Avec la montée au capital, « je perçois un lien qui n’est pas le même qu’avant », témoigne le cogérant. Les salariés sont plus impliqués. « Ici, pas question d’avoir les gens des bureaux responsables de la performance et des opérateurs qui subissent les décisions. On fait participer tout le monde, pour que l’efficacité vienne de la base, met-il en avant. Pour être dans un management horizontal, pas vertical. L’actionnariat salarié permet de faire vivre cela. »

Chez France Génoise, la prise de décision et les remontées des collaborateurs ne sont pas formalisées. « Je ne suis pas convaincu que les meilleurs idées viennent des réunions, mais plutôt dans la spontanéité. On échange au quotidien », justifie cet adepte des « réunions café », pour reprendre ses mots.

Chaque salarié est reçu individuellement chaque mois lors de la remise de la fiche de paye. Quant à ouvrir le capital à d’autres collaborateurs, si le projet est dans les tuyaux, la prudence est de mise. « Ce sera différent de 2010, juge Nicolas Faguier. L’entreprise est renforcée. Il faut être sûr de le faire avec des gens qui s’impliquent à long terme. »

Marion Coisne

Des salariés davantage impliqués

Du point de vue des salariés, être au capital, c’est une implication renforcée. « Au quotidien, cela n’a rien changé, mais on se sent davantage concernés », fait part Sandrine Couilleault, comptable depuis dix ans dans l’entreprise. « Oui, on se sent plus investis, notamment grâce à l’assemblée générale », abonde Cathy Terrien, responsable de l’atelier tartes, présente depuis dix-sept ans dans l’entreprise.

Nicolas Faguier ajoute : « La présentation des résultats à l’AG permet aux salariés actionnaires de mettre en parallèle les chiffres comptables et leur quotidien. »

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Cet article est paru dans RIA

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